SUR LA VIE
AU C0L05EL DE FETSTEK, DUMFmiES, 1796.
Mon honoré cokmel , je sois profoodéiDent touché De l'intérêt qoe vous prenez à la santé dn poète : Ah! maintenant j'ai peu de coeur à gravir
Le Parnasse escarpé.
Entouré comme je le suis de bols, de p'ilules,
Et de verres de potions.
Ohl quel joyeux monde ce serait,
Si ]a peine, le souci et la maladie l'épargnaient;
Et que la fortune favorisât la vertu et le mérite
En toute justice (Et toujours en abondance roast-beef et claret ;
Alors, qui mourrait de faim?).
Dame Vie, quoique la fiction puisse l'attifer Et l'orner de pierres fausses et de friperies, Ohl combien mconstante, faible et instable
Je l'ai toujours trouvée!
Toujours flottant, comme les branches du saule,
Entre le bien et le mal.
Puis, cette maudite carmagnole de vieux Satan Est à l'affût, comme un chat près d'un rat, Pour agripper notre âme pécheresse
Avec une rage perfide; Et, courez sus l vous ne lui mettrez jamais de sel sur la queue —
Il part comme le feu.
Ah Nickl ah Nick! cela n'est pas loyal,
De nous montrer d'abord toutes sortes de tentations,
Des vins si brillants et de si jolies filles
Pour nous étourdir; Puis de filer, sans être vu, le piège d'araignée
De la maudite trame de l'enfer.
L'homme, pauvre mouche, bourdonne souvent autour ; Et chaque fois que le hasard l'amène près de toi, Ton damné vieux coude te démange de joie
Et de plaisir infernal; Déjà aux yeux de ton imagination ,
C'est une proie assurée !
Bientôt, c-1 par-dessus tète, il y entre.
Et le voilà comme une tête de mouton au croc;
Ton rire grimaçant jouit de ses tortures
Et de la lutte meurtrière, Lorsque, ballotté au vent, il pend
Cçmme un gland de gibet.
Mais , de peur que vous ne me trouviez incivil De vous assommer de ce verbiage traînant; Abjurant toute mauvaise intention,
Je quitte la plume :
Que le Seigneur nous préserve du diable 1
Amenl amen! ^ .
sa POÉSIES DE BUBNS.