‹ Poésies complètes de Robert Burns;Chapitre 205 sur 224 · MISTRESS SCOTT, DE WAUCHOPE · texte numérisé non relu

MISTRESS SCOTT, DE WAUCHOPE

Chère dame,

Je m'en souviens bien, il y a long-temps, Quand j'étais imberbe , jeune et timide ,

L Bums veut dire ruisseaux.

Et que je commençais à battre en grange Ou à mener la charrue, Et quoique cruellement fatigué,

Cependant très-fier d'apprendre ; Quand pour la première fois dans le blé jaune

Je comptais pour un homme , Et qu'avec les autres, chaque joyeux matin, le pouvais choisir mon sillon et ma fille, Toujours coupant, et écartant

L'autre rang mis en tas.

Et mille joyeux propos Aidant à passer la journée ;

Même alors mon désir (je m'en rappelle la violence), Un désir qui jusqu'à ma dernière heure

Fera fortement battre mon cœur — Etait de pouvoir pour ma pauvre vieille Ecosse Faire quelque plan ou livre utile ,

Ou du moins chanter une chanson.

Loin du chardon hérissé de la bardane, qui s'étendait

Dans l'orge barbu , " Je détournais le sarcloir Et épargnais son cher symbole ; Ni nation ni condition

Ne pouvait exciter mon envie; Toujours Ecossais, mais toujours griffonnant. Je ne connaissais pas de plus belle louange.

Mais toujours les éléments du chant ,

Dans un mélange confus et informe, bons et mauvais,

Flottaient épars dans mon cerveau; Jusqu'à cette moisson dont j'ai parlé.

Où mon associée dans la bande joyeuse

Anima l'accord qui se formait.

Je la vois encore, l'attrayante coquine, Son sourire ensorcelant, ses yeux malins Qui faisaient tinter les fibres de mon cœur I Moi, enflammé, inspiré

Au feu de chaque œillade , Mais rougissant et m' intimidant.

Je craignais toujours de parler.

A la santé du beau sexe , dit chaque bon garçon , Et des danses joyeuses dans les jours d'hiver.

Et nous pour en avoir notre part 1 L'assaisonnement de la joie, le baume de la douleur, La vie de l'âme, le ciel ici-bas.

Telle est la femme enivrante.

Q vous , pisse<=froid n^oroses qui en haïssez le nom %

3f3 poÉsiBs m msms.

Songez à rotre mère; L'bonnéttt femme, elle peut regarder comme une honte Que vous lui soyez alliés; Vous êtes d'étranges hommes, vous n'êtes pas des fceiames,

Tous qui dédaignez les chères belles ; Chaque honnête gaillard jure De vous faire honte, de vous renier.

Quant à vous qui n'êtes pas née pour la grange et l'étable, Et qui faites rendre de doux accords à la lyre écossaise,

Merci de vos vers.

Le plaid bigarré que vous me destinez obligeamment Serait porté par moi avec reconnaissance ;

11 me rendrait agréable aux Muses, le serais plus fier de mon manteau

Pendant sagement sur ma croupe , Que d'aucune hermine ruisselante Ou orgueilleuse pourpre impériale.

Adieu donc ; qu'une longue sahté

Et l'abondance soient votre lot :

Puissent les pertes et les traverses

Ne jamais frapper à votre porte l

Mars ITW.

A JOHN LAPRAtK.

13 septembre 1T85.

Bonne chance et bon succès i vous, lohùny.

Bonne santé, mains robustes et beau temps; Quand vous avez expédié proprement

Votre morceau de pain , Puissiez-vous ne jamais manquer d'un pot d'eau-de^vie

Pour vous dégager la tête 1

Puisse Borée ne jamais bouleverser vos sillons

Ni renverser vos tas de gerbes de dessus leurs jambes ,

Envoyant le tout par-dessus les bruyères et les crevasses des ma-

Gomme les débris d'un naufrage ; [rais,]

Mais puisse le plus haut grain qui s'agite

Venir dans le 8ae !

Je m'en occupe aussi et j'y travaille; Mais de rudes et violentes ondées l'ont mouillé , J'ai donc pris mon vieux trognon de plume A grand'peine,

Et j'ai pris mon couteau , et je l'ai aiguise Comme un homme de lettres.

Voilà deux mois que je suis votre débiteur

Pour vQtre belle lettre »ans signature et sans date.

Me reprochant mes acerbes et mauvaises dispositions

Envers les homme» aaints , Tandis que du diable si vous êtes meilleur d'un iota,

Et si vous n'êtes pas plus profane.

Mais que les gens d'église sonnent leurs cloches,

Chantons notre noble personne :

Nous ne crierons à aucune fille des monts païens

0e nous assister et de nous inspirer ; Mais les cabaretières et les alambics de whiskey,

Voilà nos muses.

le ne renonce pas, moDsieur, à votre amitié;

Et si vous y voyez quelque objection,

Alors, la main dans la main , quelque jour nous la nouerons ,

Et prendrons un témoin ; Et lorsque nous l'aurons humectée d'uaquabaugh ,

Elle ne se rompra pas.

Mais si béte et gourmettes de bois se reposent Jusqu'à ce que les vaches soient parties sans le berger, Et que tout le grain soit dans la cour, ^

Et bien couvert de chaume , J'ai l'intention de passer avec vous au coin du feu

Un soir d'hiver.

Alors Teau de-vie inspiratrice de la muse Noos rendra tous deux si gais et si spirituels , Que vous oublierez que vous êtes vieux et infirme ,

pt serez aussi enjoué Que si vous aviez neuf ans de moins que trente ^

Vos doux vingt et un ans.

Mais les tas de gerbes sont culbutés par le vent, Et voici le soleil qui parait au couchant; Il faut que je coure avec les autres,

Et que je quitte mon anche :

Je signe donc en toute hâte ,

Votre dévoué, Rob le bon vivant.

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