AU GÉNÉRAL DUMOURIER
Vous êtes bien venu des despotes, Dumourier; Vous êtes bien venu des despotes, Dumourier;
Comment va Dampierre ?
Oui , et Bournonville aussi ?
Pourquoi ne sont-ils pas venus avec vous , Dumourier?
POESIES DE BUllNS. 337
Je combattrai la France avec vous, Dumourier; Je combattrai la France avec vous , Dumourier ;
Je combattrai la France avec vous,
Je courrai la même chance que vous; Sur mon âme, je danserai une danse avec vous, Dumourier.
Allons donc combattre çà et là, Dumourier; Allons donc combattre çà et là , Dumourier ;
Allons donc combattre çà et là ,
Jusqu'à ce que la dernière étincelle de liberté disparaisse; Alors nous serons damnés, sans aucun doute, Dumourier.
ÉLÉGIE SUR l'année 4788.
Je ne pleure pas des lords ou des rois , Qu'ils meurent même — c'est pour cela qu'ils sont nés l Mais,, ô prodigieux sujet de réflexion!
Une année , messieurs , a fait naufrage 1 Quatre-vingt-huit, dans ton petit espace, Quels terribles événements ont trouvé place 1 De quelles jouissances tu nous as privés l Dans quel gâchis tu nous as laissés 1
L'empire espagnol a perdu sa tête.
Et mon vieux Bawtie sans doute est mort ; La lutte est rude entre Pitt et Fox , Et entre les deux petits coqs de notre ménagère; L'un est un coq de combat, un diable acharné. Mais avec les poules extrêmement civil :
L'autre est tant soit peu rude lorsqu'il coche, Mais jamais meilleure patte n'a gratté un fumier.
vous, ministres, allons, montez en chaire, Et criez jusqu'à ce que vous soyez rauques et enroués , Car Quatre-vingt-huit a été bienveillant pour vous, Et vous a donné le vivre et le couvert :
Même bien des écus et bien des picotins, Vous le savez vous-même, pour peu de chose 1—
Jolies filles, essuyez vos yeux, Car plusieurs d'entre vous ont perdu un ami. En quatre-vingt-huit, vous savez, fut pris Ce que vous n'aurez plus jamais à donner encore.
Remarquez le gi^.héUil méxBB et les.motttons ^ Comme ils se traînent langvùs8eQt& et' accablés; Il n'y a pas jusqu'à la twre^ qui ne plAure^ Car sçg:,lwneflK(ûvitii»is k sea lesvpuits d'iBctebo«ir&
Quatre-vingt-neuf, tu n'es qi^'tn enfant.
Et tu n'es pas trop âgé, j'espère, pour apprendre! Garçon imberbe, je t'en prie^ fais.^tcntion Que te voilà maintenaot-dans le fauteuil de ton père,, Non pas un régent avec des menottes , muselé et^i moitié encha^é, M«!^ coBameltti, maître et libre de tes actions. Songe à.sttivre im-plan-
Qui ne soit pas pire que le sien , l'honnête homme ! Et qui lui soit aussi supérieur que tu pourras.
1" janvier 1789.
VERS
ÉCRITS SOUS LE PORTRAIT DU POÈÏB FjaRGUSSON, 19 MARS ^^f'é
Malédiction sur l'ingrat qui peut goûter un plaisir,
Et pourtant laisser mèurir'de faim celui à qui il le doiti
toi, mon frère aîné en infortune.
Et de beaucoup mon aîné en poésie ,
Je pleure de pitié sur ta malheureuse destinéal
Pourquoi le monde est^il, saps. pitié, pour le ba^de,
Qui pourtant est si avide de ses plaisirs 1
i,ES JOyEl](X MENDIANTS,
CÀNTATF.
Quand les feuilles grisonnantes jonchent la cour, Ou, voltigeant comme la chauve-souris,
Obscurcissent le souffle du froid Borée ; QUand la grêle fouettç avec une violence cruejl^j
POÊSÎES DE fiUïlNS. 339
Et que' Tés gelées naissantes commencent à, pincer
Encore vêtues de blanc ; Ua soir, à la brune, une bande joyeuse
De gens errants et vagabonds •Tinrent leur fête chez Poosie Nancy I>our boire le superflu de leurs nippes :
A trinquer et à rire
Ils s'amusaient et ils chantaient ; 'A force de «auter et de «e donner des eovpfs de i poing, 1)6 faisaient vibrer Tassiette huk rôties.
Le .premier près du feu, en vieux haillons rougit.
Un d'eux était assis, bien garni de besaces pleines de provisions,
Et son havresac en ordre ; Sa catin couchée sur son bras, Echauflfce par Tusquebaugh et des couvertures —
Elle regardait en clignotant son sol<^t ; Et toujours il répondait aux baisers de la rude mendiante
Par un gros baiser, Tandis qu'elle levait sa bouche goulue Juste comme une écuelle à aumône. Chaque baiser claquait toujours
Juste comme le fouet d'un charretier , Puis, chancelant et faisaDt le'rodomont, Il hurla cette chanson.
Je suis un fils de Mars, j'ai été à bien des guerres, Et je montre mes blessures et cicatrices partout où .j'arrive; Celle-ci , je l'ai euapour une fille, et cette autre dans une tranchée, En allant recevoir les Français au son du tambour. Lai de cJaudle, etc.
Je fis mon apprentissage où mon général rendit le dernier soupir, Quand le dé sanglant fut jeté sur les hauteurs d'Abram ^i; J'ai quitté le service quand la vaillante. partie eut été .joué», Et le Moro' abattu au son du tambour.
Lai de daudle, etc.
Enfin j'étais avec Curtis, au milieu des betlerics flottlBintes**;
Et, pour preuve, j'y laissai un bras et une jambe ;
MaiSfSi mon pays avait besoin demoi,et qu'Blliot^mé comnimdtft,
1. Champ de bataille en face de Québec , où le généAiI Wolfe mourut vainqueur , en 1769. — 2. Citadelle de la Havane , capitale de rtle de Cuba , prise par les Anglais en 1762. — 3. Aii siège de Gibraltar, en 1782. -^ 4. Créé lord Heathfield pour sa défense de Gibraltar pendant un siège de troib années.
310 POESIES DE BCBNS.
Je marquerais le pas, de mes moignons, au son du tambour. Lai de daudie, etc.
Et maintenant, quoique je doive mendier avec un bras et une jambo Et bien des haillons pendant sur mes fesses , [de bois,]
Je suis aussi heureux avec ma besace , ma bouteille et ma cat^^n , Que lorsqu'en écarlate je suivais un tambour. Lai de daudle, etc.
Quoique je doive en cheveux blancs soutenir les chocs de l'hiver, N'ayant pour logis souvent que les bois et les rochers , [teille,] Quand je vends mon second sac et que j'en suis à ma seconde bou- Je pourrais affronter un escadron de l'enfer au son du tambour. Lai de daudle, etc.
RÉCITATIF
Il cessa , et les poutres tremblèrent
Au-dessus du chœur rugissant, Tandis que les rats épouvantés regardaient en arrière
Et gagnaient le fin-fond de leurs trous ;
Un divin joueur de violon , de son coin,
Cria bis 1 Mais la belliqueuse poulette se leva j
Et apaisa le bruyant tumulte.
Je fus jadis pucelle, quoique je ne puisse dire quand. Et toujours je me plais avec les jeunes gens bien faits. Mon père faisait partie d'un régiment de dragons, Il n'est pas étonnant que je sois éprise d'un soldat. Chantez , lai de lai , etc.
Le premier de mes amants était un franc tapageur ; Battre le tambour retentissant était son métier; Son jarret était si ferme et sa joue si rubiconde , Que j'étais ravie de mon soldat.
Chantez , lai de lai , etc.
Mais le digne vieux aumônier lui joua un mauvais tour, Et j'abandonnai l'épée pour l'amour de l'Eglise ; Il aventura l'àme et je risquai le corps :
Ce fut alors que je devins infidèle à mon soldat. Chantez, lai de lai. etc.
Je me dégoûtai bientôt de mon sot sanctifié, Je pris pour moi le régiment en masse ;
Depuis Vesponton doré jusqu'au fifre, j'étais prête; Tout ce que je demandais, c'était qu'on "fût soldat. Chantez, lai de lai, etc.
Mais la paix m'a réduite à mendier de désespoir, Jusqu'à ce que j'aie rencontré mon vieux garçon à la foire de Gun- Ses lambeaux d'uniforme voltigeaient si splendides I [ningham;] Mon cœur se réjouit de voir un soldat.
Chantez^ lai de lai, etc.
Et maintenant j'ai vécu — je ne sais pas combien de temps , Et je puis toujours prendre ma part d'un pot ou d'une chanson ; Mais tant que des deux mains je pourrai tenir ferme mon verre, A ta santé, mon héros, mon soldat 1 Chantez, lai de lai, etc.
RÉCITATIF
Le pauvre paillasse dans un coin
Etait assis goinfrant avec une chaudronnière ; • Peu lui importait qui entonnait le chœur,
Tant ils étaient occupés entre eux.
Enfin, étourdi de boire et de faire l'amour,
11 chancela et fit une grimace; Ensuite il se tourna, et donna un gros baiser à Grizzie ,
Puis prépara sa cornemuse avec une gravité grotesque.
Sir Jugement est une béte quand il est ivre,
Sir Coquin est une bête aux assises; 11 n'est là qu'un apprenti, je pense ;
Mais, moi, je suis une béte de profession.
Ma grand' maman m'a acheté un livre
Et j'ai été à l'école ; Je crains d'avoir méconnu mon talent ,
Mais que pouvez-yous espérer d'une béte ?
Pour la boisson je risquerais mon cou , Une fille est la moitié de mon occupation ;
Mais quelle autre chose pouvez-vous attendre D'un homme qui est avéré stupide ?
Une fois je fus attaché comme un jeune taureau
Pour avoir bu et juré civilement 1 Une fois je fus censuré dans l'église
Pour avoir houspillé une fille dans ma gaieté.
nt 1»ÔÉSltS DE BtJRNS.
Le pauvre paillasse qui -saute pour amuser.
Que personne ne le nomme en se moquant :
Il y a à la cour même, m'a-t-on dit, Un sauteur {(ppelé le Premier ministre.
iieye»<'vou6 ee jeone révérend
9mae des grinaoes pour ërnoostiner la popdlace'? II rit de notre bande de ehorlstans-»
C'est une rivalité de métier.
Et mamte—nt 9e ivais ittver nrn 'oondtmton', £ar, ma loi 1 j'ai le t^^er diablement mt;
CehH qui e«t -bote |Mmr t>in«4nôme ,
Bon Dieul celui-là est bien phevliipifle qwWHÂ.
RÉCITATIF
Ensuite prit la parole une vigoureuse matrone
Oui savait très-bien attraper l'argent ,
Car elle avait accroché plus d'une bours6«
Et avait été plongée dans pAns d'un cadhdt
Son tourtereau avait été tm Tiorame âes Hautes-Terres,
Mais que de gens ont pour Idt la corde fatale'!
Avec des soupirs et des sanglots elle ^ommeiça ainai
A pleurer son beau John le montagnard.
Mon amant était né dans les Hautes-Terres , Il tenait en mépris les lois des Vasses-Terres ; Mais toujours il fut fidèle à son clan, Mon brave et beau f dhn iè montagnard.
Chantez, oh! mon beau John le montagnard 1 Chantez, ohl mon beau fctm 9e ntoviftagnaârdl 11 n'y a pas un garçon dans tout le pays Egal à mon John le mon^bagnard.
Avec sa jupe courte et son plaid de tartan , Et sa bonne claymore à sob «été., 11 attrapait le cœur éet éanes, Mon brave et beau 4tàm ie aNirtaeaari.
Chantez, etc.
Nous battions tous le pay« de la Tweed à la 9lfi^ Et nous vivions gaiement conme des lords et des ladMs; Car il ne craignait pas une %ni«des Basses-Terret , Mon brave et beau 4âhB le mmtaugM^rd.
Chantez, etc.
î>OfÈ^S DE tUPfNS. 34à
Ils le bannirent au delà des mers; Mais, avant que le bourgeon fût sur l'arbre, Le long de mes joues couraient des perles En embrassant mon John le montagnard.
Chantez, etc.
Mais, hélas 1 ils ont fini par le prendre, Et Tont attaché ferme dans un cachot; Malédiction sur eux tous 1 Ils ont pendu mon beau John le mont^piarâ.
«Chantez,, «te.
Et, veuve maintenant, il me îaùt pleurer Les plaisirs qui ne reviendront plus *, Rien ne me console qu'un grand pot à boire Quand je pense à John le BMmUigiiCird.
Chantez, etc.
AÉCITATIF.
Un pygmée de racleur, qui avec son violon
Avait coutume de se dandiner aux marchés et aux foires ,
Cette jambe vigoureuse et cette épaisse >taille
(11 n'atteignait pas plus haut) Avaient percé son cœur comme un crible,
Et l'avaient mis en feu.
La main sur la hanche , et l'œil en l'air.
Il fredonna sa gamme, une, deux, trois.
Puis sur un ton arioso.
Le petit Apollon Orna d'un joyeux allegretto
Son solo.
un.
Laissez-moi me lever ipottr «cissayer 'OcMe larme , Et venez avec moi et soyez ma chérie , Et alors tous vos soucis et vos CMiintes Pourront siffler sur le reste.
Je suis violon de mon métier; Et, de tous les airs que j'ai jamais jettes.
Le plus agréable à femme ou fille.
Fut toujour«„ fiifflez «ur le reste.
Nous serons aux soupers de la moisson et aux Iftocéià , Et comme nous nous y régalerons bieùl
Nous trinquerons jusqu à ce que Papa Souci Chante, sifiQez sur le reste.
Je suis, etc.
Nous rongerons si gaiement les os, Et nous nous chauflerons contre le mur.
Et, à notre loisir, quand nous voudrons, Nous sifQerons sur le reste.
Je suis, etc.
Mais ouvre^moi le ciel de tes charmes , Et, tant que je chatouillerai le crin sur les cordes à boyau , La faim, le froid et tous les maux semblables Pourront sifljer sur le reste.
Je suis, etc.
RÉCITATIF
Ses charmes avaient frappé un vigoureux drouineur En même temps que le pauvre racleur de cordes ;
Il prend le violon par la barbe , Et tire une rapière roui liée —
Il jura par tout ce qui était digne d'un jurement '
De l'expédier comme un pluvier, A moins qu'il ne voulût, à dater de ce jour,
Renoncer à elle pour jamais.
L'œil effaré, le pauvre crin-crin
Se mit à deux genoux Et demanda grâce d'un air piteux ;
Et ainsi finit la querelle.
Mais , quoique son petit cœur souffrit
Quand le chaudronnier la serra contre lui ,
Il feignit de rire dans sa manche
Quand le drouineur s'adressa à elle ainsi :
Ma belle fille , Je travaille dans le cuivre :
Chaudronnier, voilà ma condition ; J'ai voyagé par toute la chrétienté
En exerçant ce métier.
J'ai pris l'argent, j'ai été enrôlé
Dans maint noble escadron ; Mais ils cherchèrent en vain , quand je décampai
Pour aller rapiécer le chaudron.
J'ai pris l'or, etc.
Dédaignez cet avorton , ce magot fané ,
Avec tout son bruit et ses cabrioles , Et associez-vous à ceux qui portent
La bougette et le sac de cuir.
Et par cette tasse , ma foi et mon espérance ,
Et par c^ cher Kilbagie ^, Si jamais vous manquez , ou que vous ayez peu ,
Puissé-je ne jamais humecter mon gosier.
Et par cette tasse , etc.
RÉCITATIF
Le drouineur l'emporta — la belle sans rougir
Tomba dans ses bras , Complètement vaincue, moitié par l'amour,
Moitié par l'ivresse.
Sir Violino, d'un air
Oui montrait un homme d'esprit, Souhaita au couple un bon accord ,
Et fit sonner creux la bouteille A leur santé cette nuit.
Mais ce garnement de Cupidon décocha une flèche
Qui joua un mauvais tour à une dame ; Le violon l'attaqua de l'avant à l'arrière
Derrière la cage à poulets.
Son maître et seigneur, qui suivait la profession d'Homère,
Quoique boitant des éparvins , Se leva cahin caha, et sauta comme en délire Et les menaça du charmant Davie ' , Cette nuit.
C'était un gaillard narguant le chagrin ,
Si jamais Bacchus en a enrôlé ; Quoique la Fortune pesât cruellement sur lui,
Elle n'atteignait jamais son cœur.
11 n'avait d'autre vœu que — d'être gai ,
D'autre besoin que — la soif; Il ne haïssait que — d'être triple.
Et la muse lui inspira
La chanson suivante cette nuit.
Je suis un barde sans considération
Aux yeux des gens comme il faut, et tout cela;
Mais, comme Homère, l'essaim émerveillé De ville en ville me suit çà et là.
1. Sorte de whiskey, aipsi appelé de la distillerie de Kilbagie dans le Clackmannanshire. — 2. Allusion à une vieille chanson populaire.
\N. d. Lrad.\
^6 'WÊStES 'Dt BURNS.
Après tout cela, ^rès tout cela,
Et deux fois autant que cela; Je n'en ai perdu qu'une, il m'en reste deux :
J'ai assez de fiMnmes- après tout eela.
Je n'ai jamais bu à l'étang des muses ,
Au ruisseau de Gastalie, et tout cela; Mais voyez ceci qui-ruiaMUe et qui éeume-abeiHiamiBent,
C'est mon Hélicon, à moi, cela.
Après tout cela, etc.
J'ai un grand amour pour toutes les belles*, Je suis leur humble esclave, et tout céda;
Mais la volonté du maître, je n'en regarde p^s'inoine Gomme un péché mortel d'enfireindre cela.
Après tout cela, etc.
Dans de doux transports nous échangeons îi cette 'heure
Un amour mutuel, et tout cela ; Mais combien de temps la puce pourra piquer.
Que l'inclination règle cela.
Après tout cela, etc.
Leurs tours et leur 'ruse m'ont rendu 'fbu,
Elles m'ont mis dedans, et tout cehi.
Mais évacuez le pont, et voici — le sexe l
J'aime les coquines, après tout cela.
Après tout cela , après tout eela ,
Et deux fois autant que cela , Mon sang le plus précieux , tpour leur 'bien.,
Est à leur service, après tout ceia.
Ainsi chanta le barde — et les murs de'Kansie Furent ébranlés par un tonnerre d'applaudissements
Répétés par chaque bouche; Ils vidèrent leurs bissacs , et mirent leurs nippes en gage , lie gardèrent à peine de quwi couvrir leurs derrières ,
•Pour étancher leur soif brûlante.
Alors de nouveau la joviale assemblée
POÉSIES de; BURNS. 347.
Demanda au poète De défaire son ba})6t*ei de choisir une chanson, Une ballade des meilleures ; Lui, se levant, joyeux,
Entre ses deux Débora,^ Regarda autour de lui , et les vit- Impatients d'entonner le chœur.
Voyez 1 le pot fumant devant nous.
Observez notre cercle jovial en guenilles 1
Reprenez le cœur à la ronde.
Et chantons avec transport.
Foin de ceux que la loi protège 1 La liberté est un splendide festin 1
Les cours furent érigées pour les ,lâches , Les églises bâties pour plaire aux prêtres.
Qu'est-ce qu'un titre? qu'est-ce qu'un trésor?
Qu'est-ce que le soin de la réputation ?
Si nous menons une vie de plaisir,
Qu'importe où et comment l Foin, etc.
Un tour et un conte toujours prêts,
Nous errons toute la journée ; Et la nuit, dans la grange ou l'étable.
Nous caressons nos catins sur le foin.
Foin, etc.
Le carrosse suivi d'une escorte
Parcourt-il plus léger la campagne?
Le sage lit du mariage
Voit-il de plus brillantes scènes d'amour ?
Foin, etc.
La vie n'est que bigarrures,
Nous ne nous inquiétons pas comment elle va ; Qu'ils fassent de l'hypocrisie sur le décorum ,
Ceux qui ont des réputations à perdre.
Foin, etc.
Je bois aux bougettes, aux bissacs et aux besaces 1 Je bois à toute la bande vagabonde t
Je bois à nos catins et à nos babouins en guenilles l D'une seule et même voix criez — Amen I
Foin de ceux que la loi protège î La liberté est un splendide festin !
Les cours furent érigées pour les lâches , Les églises bâties pour plaire aux prêtres.