‹ Poésies complètes de Robert Burns;Chapitre 52 sur 224 · TOMBÉE SOUS MA CHARRUE · texte numérisé non relu

TOMBÉE SOUS MA CHARRUE

EN AVRIL nSG.

Modeste petite fleur bordée de rouge , Tu m'as rencontré dans une heure fatale ; Car il faut que j'écrase dans la poussière

Ta mince tige ; T'épargner à présent dépasse mon pouvoir.

Joli joyau des champs.

Hélas 1 ce n'est pas ta douce voisine ,

La gentille alouette, compagne convenable,

Qui te courbe dans T humide rosée ,

La gorge tachetée , Lorsqu'elle s'élance dans les airs, joyeuse de saluer

L'orient qui s'empourpre.

Le nord, à l'âpre morsure, souflla froid Sur ta naissance humble et précoce ; Pourtant tu perças gaiement le sol

Au milieu de la tempête, Elevant à peine au-dessus de la terre maternelle

Ta forme délicate.

Les fleurs éclatantes que nos jardins produisent,

]1 faut qu'un haut rempart d'arbres et de murs les protège;

Mais toi , sous l'accidentel abri

D'une motte ou d'une pierre.

Tu ornes l'aride champ d'éteule,

Inaperçue, solitaire.

Là , enveloppée de ton étroit manteau , Ton sein de neige étalé au soleil ,

Tu lèves ta tète sans prétention

D'une humble manière ; Mais maintenant le soc détroit ton lit^

Et tu gis à terre l

Tel est le sort de la fille ntfve « Douce fleurette du champêtre oubrage , Trahie par la simplicité de l'anoar

Et par son innocente confiance , Jusqu'à ce que, comme toi, toute souillée, elle soit gisante

A terre dans la poudre.

Tel est le sort du simple Barde ,

Lancé sous une mauvaise étoile dans la mer agitée de la vie I

Inhabile qu'il est à observer la carte

De l'habile prudence , Jusqu'à ce que les vagues se courroucent, et que les vents souf-

£t le fassent succomber ! [fient violemment]

Tel est le sort réservé au mérite malheureux ,

Qui long-temps a lutté contre les besoins et les peines ,

Poussé par l'orgueil ou TasUice des hommes

Au bord de la misère , Jusqu'à ce que, dépossédé de tout autre appui que te e&el ,

Il s'affaisse, mnét

Toi-même, qui pleins le sort de cette marguerite , Ce sort est le tien ; ^ à une ^loque peu éloignée Le soc de la cruelle DestrvctioA passe flèrement

En plein sur ta fleur, Jusqu'à ce que d'être écrasé sous le poids du guéret

Soit ta destiAce 1

A LA DESTROCTION.

Salut 1 maîtresse inetorable , Dont la parole fëcotlde en ruines

Renverse les plus puissants empires 1 A ta suite cruelle , qui se platt dans le mal ^ A tous les ministres de douleur et de peine »

Une sombre bietivenue l D'un œil de désespoir et de résolutioti farouche ^

Je vois chaque trait lancé ; Car l'un d'eux a tranché mon lien le p|m c^

P0É91BS DE BUBNS.

Et tremble dans mon cœur.

Aussi y qu'elle s'amasse et éclate ,

Je ne crain» pkiA la tempête , Quoiqu'elle devienne épaisse et noire

Autour de ma tête condatnuée.

Et toi , hideuse puissance, abhorrée de la rie, Tant que la vie peut procurer un plaisir,

Oh 1 entends la prière d'un malheur^n 1 Je ne recule plus, pâle, effrayé ; J'invoque, je demande ton assistance amie

Pour clore c^tte scène de soucia l Quand mon âme , dans une paix silencieuse ,

Verra-t-elle le dernier jour de sa triste vie ? Quand mon cœur fatigué cessera-t-il de battre Et, froid , tombera-t-il en pondre dans la terre? Plus de craintes , phis die larmes Pour flétrir ma face inanimée.

Une fois étreint et serré Bans ton froid embrassement !

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