TOMBÉE SOUS MA CHARRUE
EN AVRIL nSG.
Modeste petite fleur bordée de rouge , Tu m'as rencontré dans une heure fatale ; Car il faut que j'écrase dans la poussière
Ta mince tige ; T'épargner à présent dépasse mon pouvoir.
Joli joyau des champs.
Hélas 1 ce n'est pas ta douce voisine ,
La gentille alouette, compagne convenable,
Qui te courbe dans T humide rosée ,
La gorge tachetée , Lorsqu'elle s'élance dans les airs, joyeuse de saluer
L'orient qui s'empourpre.
Le nord, à l'âpre morsure, souflla froid Sur ta naissance humble et précoce ; Pourtant tu perças gaiement le sol
Au milieu de la tempête, Elevant à peine au-dessus de la terre maternelle
Ta forme délicate.
Les fleurs éclatantes que nos jardins produisent,
]1 faut qu'un haut rempart d'arbres et de murs les protège;
Mais toi , sous l'accidentel abri
D'une motte ou d'une pierre.
Tu ornes l'aride champ d'éteule,
Inaperçue, solitaire.
Là , enveloppée de ton étroit manteau , Ton sein de neige étalé au soleil ,
Tu lèves ta tète sans prétention
D'une humble manière ; Mais maintenant le soc détroit ton lit^
Et tu gis à terre l
Tel est le sort de la fille ntfve « Douce fleurette du champêtre oubrage , Trahie par la simplicité de l'anoar
Et par son innocente confiance , Jusqu'à ce que, comme toi, toute souillée, elle soit gisante
A terre dans la poudre.
Tel est le sort du simple Barde ,
Lancé sous une mauvaise étoile dans la mer agitée de la vie I
Inhabile qu'il est à observer la carte
De l'habile prudence , Jusqu'à ce que les vagues se courroucent, et que les vents souf-
£t le fassent succomber ! [fient violemment]
Tel est le sort réservé au mérite malheureux ,
Qui long-temps a lutté contre les besoins et les peines ,
Poussé par l'orgueil ou TasUice des hommes
Au bord de la misère , Jusqu'à ce que, dépossédé de tout autre appui que te e&el ,
Il s'affaisse, mnét
Toi-même, qui pleins le sort de cette marguerite , Ce sort est le tien ; ^ à une ^loque peu éloignée Le soc de la cruelle DestrvctioA passe flèrement
En plein sur ta fleur, Jusqu'à ce que d'être écrasé sous le poids du guéret
Soit ta destiAce 1
A LA DESTROCTION.
Salut 1 maîtresse inetorable , Dont la parole fëcotlde en ruines
Renverse les plus puissants empires 1 A ta suite cruelle , qui se platt dans le mal ^ A tous les ministres de douleur et de peine »
Une sombre bietivenue l D'un œil de désespoir et de résolutioti farouche ^
Je vois chaque trait lancé ; Car l'un d'eux a tranché mon lien le p|m c^
P0É91BS DE BUBNS.
Et tremble dans mon cœur.
Aussi y qu'elle s'amasse et éclate ,
Je ne crain» pkiA la tempête , Quoiqu'elle devienne épaisse et noire
Autour de ma tête condatnuée.
Et toi , hideuse puissance, abhorrée de la rie, Tant que la vie peut procurer un plaisir,
Oh 1 entends la prière d'un malheur^n 1 Je ne recule plus, pâle, effrayé ; J'invoque, je demande ton assistance amie
Pour clore c^tte scène de soucia l Quand mon âme , dans une paix silencieuse ,
Verra-t-elle le dernier jour de sa triste vie ? Quand mon cœur fatigué cessera-t-il de battre Et, froid , tombera-t-il en pondre dans la terre? Plus de craintes , phis die larmes Pour flétrir ma face inanimée.
Une fois étreint et serré Bans ton froid embrassement !