‹ Poésies complètes de Robert Burns;Chapitre 92 sur 224 · JOYEUSE ELLE ÉTAIT · texte numérisé non relu

JOYEUSE ELLE ÉTAIT

Joyeuse, joyeuse et enjouée elle était ,-

Joyeuse elle était partout :

Joyeuse sur les bords de l'Em ,

Mais plus joyeuse dans le vallon de Glenturit.

Près d' Auchtertyre croit le chêne , Sur les bords de l'Yarrow, le beuleau;

Mais Phémie était une plus belle fille

Que n'en ont jamais vu les rives de l'Yarrow. JoyeUie^ etc.

Son regard était comme une fleur de mai , Son sourire était comme un matin d'été;

Elle sautillait sur les bords de l'Ern Aussi légère qu'un oiiseau sur une épine.

Joyeuse, etc.

Son beau visage était aussi paisible

Que celui d'un agneau dans un pâturage;

Le soleil du soir ne fut jamais si doux

Que l'était le clignement de l'œil de Phémie. Joyeuse,' etc.

J'ai parcouru toutes les montagnes des hautes-terres,

Et j'ai été dans les basses-terres ; Mais Phémie était la plus joyeuse fille

Qui ait jamais foulé la verdure couverte de rosée. Joyeuse, etc.

J'ai été joyeux là-bas sur cette colline,

Gomme les agneaux que j'avais devant moi ; Toutes mes pensées insouciantes et libres

Ck>mme la brise qui passait sur moi :

A présent ni passe-temps ni jeu ,

K\ gaieté ni chanson ne peuvent plus me plaire ; Leslie est si belle et si froide ,

Que le souci et la douleur s'emparent de moi.

Lourde , lourde est la tâche

De déclarer un amour sans espoir :

Tremblant , je ne sais que la regarder,

Soupirant, muet, désespéré 1 Si elle ne veut pas calmer les tourments

Qui gonflent mon sein, Sous une touffe de gazon vert

Bientôt sera ma demeure.

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