JOYEUSE ELLE ÉTAIT
Joyeuse, joyeuse et enjouée elle était ,-
Joyeuse elle était partout :
Joyeuse sur les bords de l'Em ,
Mais plus joyeuse dans le vallon de Glenturit.
Près d' Auchtertyre croit le chêne , Sur les bords de l'Yarrow, le beuleau;
Mais Phémie était une plus belle fille
Que n'en ont jamais vu les rives de l'Yarrow. JoyeUie^ etc.
Son regard était comme une fleur de mai , Son sourire était comme un matin d'été;
Elle sautillait sur les bords de l'Ern Aussi légère qu'un oiiseau sur une épine.
Joyeuse, etc.
Son beau visage était aussi paisible
Que celui d'un agneau dans un pâturage;
Le soleil du soir ne fut jamais si doux
Que l'était le clignement de l'œil de Phémie. Joyeuse,' etc.
J'ai parcouru toutes les montagnes des hautes-terres,
Et j'ai été dans les basses-terres ; Mais Phémie était la plus joyeuse fille
Qui ait jamais foulé la verdure couverte de rosée. Joyeuse, etc.
J'ai été joyeux là-bas sur cette colline,
Gomme les agneaux que j'avais devant moi ; Toutes mes pensées insouciantes et libres
Ck>mme la brise qui passait sur moi :
A présent ni passe-temps ni jeu ,
K\ gaieté ni chanson ne peuvent plus me plaire ; Leslie est si belle et si froide ,
Que le souci et la douleur s'emparent de moi.
Lourde , lourde est la tâche
De déclarer un amour sans espoir :
Tremblant , je ne sais que la regarder,
Soupirant, muet, désespéré 1 Si elle ne veut pas calmer les tourments
Qui gonflent mon sein, Sous une touffe de gazon vert
Bientôt sera ma demeure.