F IX
Pnrmi les Pensées de Joseph Delorme, il en est une qui a été omise et que nous rétablissons ici : elle se rappoi’te à la page 142 et devi'ail porter le chiffre VH ; celle qui est marquée à ce chiffre VH et qui commence par ces mots : « Depuis quelque temps...» deviendrait la Ville, et ainsi des autres. Voici donc cette pensée Vil à laquelle on ne prétend pas, d’ailleurs, allribuer l’importance qui s’attache ordinairement aux post-scriptum :
« La poésie des anciens, celle des Grecs du moins, était élevée audessus de la prose et de la langue courante comme un balcon. La nôtre n’a été, dès l’origine, que terre à terre et comme de rez-de-chaussée avec la prose. Ronsard et les poètes de la Renaissance ont essayé de dresser le balcon; mais ils l’ont mis si en dehors et l’ont voulu jucher si haut qu’il est tombé et eux avec lui. De là notre poésie est restée plus au rezde-chaussée que jamais. Avec Boileau, elle s’est bornée à se faire un trottoir de deux pouces environ au-dessus de la voie commune, un promenoir admirablement ménagé; mais les trottoirs fréquentés s’usent vite, et ç’a été le cas pour le trottoir si suivi de notre poésie selon Boileau. On était revenu (sauf quelques grands mots creux) au niveau habituel et au plain-pied de la prose. Aujourd’hui il s’est agi de refaire à neuf le trottoir, et on a même visé à reconstruire le balcon. »