POUR 3ION AMI AUGUSTE DESPLACES
. . . . Dilecto volo lascivire sodali.
Stage.
De nos folles ardeurs. Amour, que tu t’amuses. Moqueur toujours le même en variant tes'ruses ! J’aimai d’abord, j’aimai, pour te mieux faire honneur. Une noble beauté que son jaloux seigneur Enfermait nuit et jour, plaintive châtelaine.
Nos cœurs avaient parlé, mais l’attente était vaine. A peine, après des mois, nos habiles regards Trompaient, sans les forcer, et grilles et remparts ; Point de balcon baissé, point d’échelle de soie ! Là-haut le dragon veille, en bas le dogue aboie. L’aube seule souffrait les volets entr’ouverts.
Mais la fleur du baiser se perdait dans les airs !
Dégoûté, l’autre hier, je me suis laissé prendre A celle qui du moins peut à l’aise m’entendre,
Blonde tète aperçue au vitrage brillant.
Et tout le jour penchée à répondre au chaland.
Mais voilà que l’enfant adorable et légère Voudrait enfin m’aimer dans sa cage de verre.
On nous voit de partout ; et le maître, le soir,
La vient prendre et l’emmène au sortir du comptoir. Depuis huit jours déjà nous souffrons de la gêne;
Je passe, elle m’appelle : en son cadre de chêne Elle est là tout debout. Gomme on voit au printemps Le poulain généreux enfermé trop longtemps.
Il piétine, il se di’esse, il se ronge à l’attente ;
POÉSIES DIVERSES
Telle, en l’espace étroit, la jeune impatiente.
Son front rit sans que j’ose, et m’irrite au baiser. Amour, de nos ardeurs, tu te veux amuser!