‹ Poésies complètes de Saint-BeuveChapitre 71 sur 150 · C’était le moment du ministère Polignac · texte numérisé non relu

C’était le moment du ministère Polignac

LES CONSOLATIONS

SONNET

Fallentis semita vitæ.

Horacr.

Un grand chemin ouvert, une banale route A travers vos moissons ; tout le jour, au soleilj Poudreuse , dont le bruit vous ôte le sommeil ;

Où la rosée en pleurs n’a jamais une goutte ;

— Gloire, à travers la vie, ainsi je te redoute.

Oh ! que j’aime bien mieux quelque sentier pareil A ceux dont parle Horace, où je puis au réveil Marcher au frais, et d’où, sans être vu, j’écoute I

Oh ! que j’aime bien mieux dans mon pré le ruisseau Qui murmure voilé sous les fleurs du berceau.

Qu’un fleuve résonnant dans un grand paysage !

Car le fleuve avec lui porte, le long des bords. Promeneurs, mariniers ; et les tonneaux des ports Nous dérobent souvent le gazon du rivage.

Saint-Maur, août 1829.

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