RÊVERIE
MOX .VMI V. P... (VICTOR PAVIe)
Il est soir- : la lune s’élance Sur un trône mystérieux;
Les astres roulent en silence;
Comme un lac immobile, immense, IMon âme réfléchit les deux.
Dans les ondes de la pensée.
Dans ce beau lac aux sables d'or,
La voûte des deux balancée A mes yeux se peint, nuancée De couleurs plus molles encor.
Amoureux de la grande image,
D’abord j’en jouis à loisir ;
Bientôt désirant davantage,
Poète avide, enfant peu sage,
J’étends la main pour la saisir.
POÉSIES
Adieu soudain, voûte étoilée, Blanche lumière, éclat si pur !
Au sein de mon àme ébranlée, Phébé, tremblante s’est voilée; L’image a perdu son azur.
Pbébé, ne voile plus ta face !
Je renonce à mon fol espoir.
Lors, par degré, le flot s’elface L’âme s’apaise, et sa surface Des cieux redevient le miroir.
Irai-je, pour saisir l’image.
De l’onde encor troubler le cours ?
Non; mais penché sur le rivage.
Puisque la nuit est sans nuage.
Je veux rêver, rêver toujours !