A MADAME LA D. DE U
Au Thil OÙ vous aimez passer les mois fleuris,
Mois de fuite du monde et de vie isolée,
Pour vous, dans tout le parc, il n’est rien qu’une allée Haute et droite et touffue, ombrages favoris;
Et par delà l’allée au vert et haut pourpris.
Dans la campagne il est, bien humble et sans feuilléj. Un sentier que connaît la fameuse hàlée;
Vous y marchez souvent le long des blés mûris.
Seule à promener là votre grâce élevée.
Chaque jour vous suivez la trace conservée...
Passé. . . longs souvenirs ; . . .printemps à Saint-Germain !
Et si, dans le château, quelqu’un soudain réclame Votre bonne présence : « Où donc trouver Madame? » — « Madame, oh ! dit chacun, elle est dans son chemin. »
Ainsi l’on dit de vous, Madame, ainsi vous êtes. Fidèle au souvenir, aux traces de vos pas. Aimant ce qu’on retrouve et qui ne change pas, Plus attentive après chaque hiver et ses fêtes !
PENSIVES D’AOUT
Oh! dans nos jours douteux d’ennuis et de tempêtes, Où tout crie et s’égare et se mêle en combats ;
Où, si l'on ne meurt vite on dérive plus bas;
Où le vent à plaisir fait ondoyer les tètes;
Temps d’éclipse divine et de murmure humain!
En cette heure avant l’aube, où même tout génie Change trois fois de route et trois fois se renie.
Oh! cpii donc, mariant la veille au lendemain.
Si fermement tiendra sa destinée unie.
Que, sans le voir, on dise ; « Il est dans son chemin ! »