ROMANCE
Romance, qui aimes à te balancer et à chanter^ avec ta tête ensommeillée et tes ailes repliées, parmi les feuilles vertes quand elles tremblent en se baissant sur quelque lac ombragé, pour moi un perroquet bariolé tu as été — oiseau très familier — tu m'as appris à dire mon alphabet — à bégayer mes toutes premières paroles, tandis que dans le bois sauvage, je me couchais, enfant — aux yeux déjà savants.
Naguère, le Condor éternel des années ébranle tellement les hauteurs mêmes du Ciel du tumulte orageux qu'elles font en passant, que je n^ai plus de temps pour les vains soucis^ à force de regarder au ciel inquiet.
Et quand une heure de ses ailes plus calmes
sème son duvet sur mon esprit —
pour qu'avec ma lyre et mes rimes ce peu de temps
se puisse écouler — choses défendues !
mon cœur sent que ce serait un crime
de ne pas trembler avec la corde.
Voir Introduction, p. 143.