‹ Poésies complètes (volume 2)Chapitre 104 sur 108 · CHANT PREMIER · texte numérisé non relu

CHANT PREMIER

De tous ceux qui jamais ont promené dans Rome, Du quartier de Suburre au mont Gapitolin, Le cothurne à la grecque et la toge de lin, Le plus beau fut Paulus ; c'est ainsi que se nomme Le héros de ces vers, et je vous dirai conune n fut d'un sénateur le produit clandestin.

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<( Tout beâu I dit le censeur, aux poses magistrales, » Un héros clandestin I c'est une indignité I . . . » L'auteur n'est pas de ceux qui cherchent les scandales, Mais depuis Romulus, bien d'autres l'ont été ; Qui compta les baisers, au temps des saturnales? Qui dira les secrets des belles nuils d'été ?

La faute en est peut-être au soleil d'Italie, Aux parfums inconnus qui, sur le Tibre épars. Avec le vent du soir montent au Champ de Mars ; Mais il faudrait plutôt s'en prendre à la folie Qui veut que , chaque jour, notre ville s'oublie , Comme une courtisane , aux débauches des arts !

Sans doute il est bien doux de voir danser Bathyile , Aux sons entrecoupés des flûtes de Sicile , Et , sous la lampe d'or aux mobiles rayons ,

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Luire le frein d'argent que mordent les lions ; Mais garder sa pudeur est chose difficile , Quand on la fait asseoir parmi les histrions.

Caton n'avait pas tort : je sais plus d'une femme Qui de l'hymen , au Cirque , égara le lien ; Là, j'ai vu s'allumer de longs regards de flamme, Là , plus d'un pied charmant vint effleurer le mien ; Tous ces jeux , en un mot, sont un usage infâme , Si j'étais empereur, je n'y changerais rien!...

Donc il était bâtard , à quoi bon vous le taire? « Sans famille, et pourtant, vivait aux rois pareil; Qu'importe le berceau , quand l'Olympe est vermeil , Et que d'un pied hardi l'on peut frapper la terre? Le fleuve ne sait pas quelle source est sa mère 1 L'aigle a perdu son nid quand il monte au soleil !

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Paulus avait vingt ans; noble et beau de figure.

Il laissait son destin flotter à l'aventure

Comme sa toge ; au reste, il suivait les rhéteurs ,

Et se souciait peu de savoir les auteurs

De ses jours , dormant bien aux bouges de Suburre ,

Et soupant quelquefois mieux que des sénateurs.

C'est un métier charmant et bien digne d'envie , Par Castor et PoUuxI quoi qu'en disent les vieux, Que de polir des mots le tour ingénieux , Et de tordre la phrase avec sa fantaisie , Comme un serpent marbré dont un jongleur d'Asie Roule autour de ses flancs et déroule les nœuds.

D'ailleurs notre héros avait en abondance Toutes les qualités que marquent les auteurs : L'œil ferme, le poumon solide, la prestance

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Du corps , et la vertu qu'il faut aux orateurs ; De façon qu'il savait, selon la circonstance , Toucher par le pathos , ou plaire par les mœurs .

Nul ne sut plus à point déchirer sa tunique , Hérisser ses cheveux à la manière antique , Tordre ses bras dans Tair, et de l'émotion Passer à l'ironie , avec gradation ; Véhément dans la preuve, âpre pour la réplique Et, d'après le sujet, réglant la passion.

Le vieux Pôlydamas , son maître en éloquence , Malgré ses cheveux blancs , je le dis entre nous , S'il n'en eût été fier, s'en fût montré jaloux ; En somme il l'adorait, l'ayant vu, dès l'enfance , Chaque jour, à ses pieds , écouter en silence , Grave, le style en main, la tablette aux genoux.

Quant au docte Paulus , son âme était remplie Par deux affections , Polydamas d'abord ; Puis une vieille femme, à la face jaunie, Au front ridé, venant, je. crois, de Campanie, Sorcière , c'est tout dire , et qui , sans nul effort , Aux lignes de la main , lisait l'arrêt du sort.

Staphyla fut son nom ; vous narrer quelle cause Avait ainsi courbé cette tête morose.

D'abord c'est difficile , et puis c'est un talent De ne pas dire tout dès le commencement , Horace, dans ses vers, recommande la chose.

Et je l'estime trop pour agir autrement.

Pourtant vous apprendrez que la vieille Staphyle , Comme son propre enfant avait nourri Paulus, — Sans doute par pitié, car je n'en sais pas plus;

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Elle avait entouré son enfance débile

De tendresse et d'amour ; puis dans la grande ville

Un jour l'avait conduit, ses douze' ans révolus.

Ils vivaient tous les deux» rhéteur, magicienne, La phrase cadencée, et le philtre amoureux « Chez Staphyla surtout , deniers pleuvaient sans peine Et, quoi que TuUius en dise, tous les deux.

Quand ils se rencontraient sur la voie Appienne , Se regardaient sans rire et sans baisser les yeux.

Staphyla demeurait au quartier de Suburre , Tout près de TEsquilin , dans une rue obscure ; Le bouge était désert et par le temps noirci ; Mais , pour faire au lecteur un chemin raccourci , Précisément le jour où je prends l'aventure , Paulus allait la voir, et nous irons aussi.

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Lesbie» et vous, Néère, adorables sirènes, Qaand pour voir un amant jeune ou vieu^, bel ou laid, Vous prenez la litière , ou montez les carènes , D'où vous vient celte ardeur étrange, s'il vous plaîl? Hélas ! je sais le fond des tendresses humaines : Une robe de Tyr, un voilé de Milet I

Paulus ne voulait pas de voile , je suppose , Ni de bracelets d'or, ni de tunique rose ; Sa ceinture était vide , et cet enfant gâté S'était senti le cœur par l'amour agité ; Or, il allait bon pas , et tandis que je cause , À la porte déjà ses deux mains ont heurlé.

Staphyla vint ouvrir ; les barres transversales Sonnèrent en tombant avec un bruit d'airain , Et la vieille apparut une torche à la main ;

Ses cheveux , çà et là , flottaient sur ses traits pâles ,

Une tunique noire enveloppait son sein ,

Et, sur son bras livide, un serpent en spirales

Se tardait ; la sueur inondait tout son corps ;

Elle avait cet aspect effrayant , immobile ,

Qu'on voit grandir la nuit , dans un songe fébrile ,

Quand arrive aux vivants la visite des morts :

« Qui m'appelle en ces lieux? » murmura la sibylle.

« Paulus, » dit une voix qui venait du dehors.

Par un matin joyeux , quand le soleil éclaire Le grand manteau glacé qui pèse sur l'Etna , Avez-vous vu parfois un rayon de lumière Passer, comme un sourire, aux lèvres du cratère ? Tel , sous ses blancs cheveux , le front de Staphyla Resplendit tout à coup, quand Paulus lui parla ;

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Et lui tendant la main : « Tu peux entrer, dit-elle , » Nous n'avons pas ici de mystères pour loi ; » Enfant, tu viens bien tard ! quelle cause f appelle? » Tu m'oubliais , Paulus , et tu vivais sans moi ! ... » Paulus sentit des pleurs lui mouiller la prunelle , Et jeta sur Staphyle un regard plein d'émoi.

Elle était, en effet, bien pâle et bien cassée ; Quelque poids effrayant , amour, haine ou remords , Avant l'âge , sans doute , avait usé son corps , Et ployé sans retour sa jeunesse brisée.

— Terre , il est des vivants dont la vie est passée ! Tombeaux , vous n'avez pas tout le peuple des morts î

Côte a côte, ils marchaient ; la salle était immense i Sur le pavé sonore, on entendait le bruit De leurs pas inégaux se perdre dans la nuit ;

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La lampe, sons ia voâte , en fumant se balance » Des ailes battent Tair, des yeux ronds, en silence » Regardent le rhétenr que la vieille conduit.

De bizarres contours, des formes inconnues Rampent confaséroent sur les murailles nues ; Squelettes grimaçants qui se donnent la main , Poignards ensanglantés , cyprès, coupes d'airain , Plantes aux sucs mortels de Golchyde venues , Et le jaune safran et le pâle cumin.

Tout se mêle et s'agtte; une flamme bleuâtre Siffle sur les charbons et sautille dans Tâtre ; tfn renard aux longs poils glapit au coin du feu , L'eau lustrale frissonne en son vase d'albâtre , Le serpent se tortille ; on dirait qu'en ce lieu i Paulus est un ami que l'on connaît un peui

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La caveroe s'ébat ; la sorcière est joyeuse ; Hélas! SM cœur aussi, retraite ténébreuse , Dans ses mille recoins , voit ramper, Imn du jour. Tout un monde hideux qui grouille en son séjour, Rêves morts , noirs pensers , vengeance tortueuse ; Mais, qusoid Paulus arrive, elle en feit de Tamourl

À Tombre du foyer, sur un vieux banc de cbône , Us s'assirent longtemps , groupe mystérieux Que la torche rougeàtre éclairait de ses feux ; Paulus était charmant , sous sa toge de laine , Staphyle souriait, et respirant à peine , L'entourait tout entier d'un regard de ses yeux.

Puis, sur ses cheveux noirs posant sa main flétrie, Gomme fait une mère auprès de son enfant , Elle lui rappelait les jours de Campanie ,

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Les rires et les pleurs , à Tâube de la vie ,

Tous ses rêves passés ; — mais le point important

C'est que Paulus avait vingt drachmes en parlant I

n allait, et ses pieds , sur les pavés antiques. Jetaient un bruit étrange à Técho des portiques ; L'ombre silencieuse ondulait alentour ; Tout dormait , hors ces feux , étoiles impudiques , Qu'on voit trembler en foule au fond du carrefour, Foyers étinéelants où veille , nuit et jour,

Comme à ceux de Vesta , la prêtresse étemelle , La débauche au sein nu , posant en liberté Ses deux pieds triomphants au front de la cité I Hayons du temple immense où viennent péle-méle Les hommes et les dieux s'abriter sous ton aile , puissance inconnue i ardente volupté I

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Il allait > il allait ; dans leur cellule assises , Des femmes en passant rappelaient de la main ; Parfois on entendait monter un chœur lointain , Et le rouge fanal que tourmentent les brises Faisait danser aux murs des formes indécises ; Mais Paulus était sage et suivait son chemin ,

Plus sage qu'Hippolyte , à ce que dit Thistoire , Honorant la vertu comme au temps des aïeux , — Selon la circonstance et le jour et les lieux ; Or, sans se retourner, il fendait l'ombre noire , Ayant, cette nuit-là, pour défendre sa gloire. Le besoin de dormir et la crainte des dieux !

Mais, outre le Fattitn, la puissance suprême,

La seule déité que Ton n'adore pas ,

Tant de dieux opposés s'attachent à tios pas ^

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Que Tesprit haletant retombe sur lui-même ;

Mercure avec Thémis a d'étranges débats ,

Bacchus veut qu'on s'enivre et Vénus veut qu'on aime.

Donc, je ne sais quel dieu vint égarer Paulus : Les étroits carrefours se succédaient dans Tombre , Croisant de toutes parts leurs dédales sans nombre ; Chaque pas qu'il faisait le perdait encor plus , Comme la mouche prise à quelque réseau sombre , S'épuise, pour sortir, en efforts superflus.

J'aime la nuit qui tombe en une frsdche idylle , Et les pasteurs assis sur le bord du ruisseau , Chantant au clair de lune, ou dormant sous l'ormeau ; Msis je crois qu'un bon gîte, aux champs comme à la ville, Pour le somme est meilleur, que l'herbe de Virgile , Et tous les beaux gazons où broute le troupeau ^

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Il est plus triste encor de coucher dans la rue , Ainsi jugeait Paulus. Il s'était arrêté, Interrogeant des yeux l'ombre sans cesse accrue. Quand soudain un doux bruit par la brise porté , Son frémissant de luth , voix de femme inconnue , Vint le frapper au front comme un souffle d'été !

Je suis désespéré de vous dire la chose ;

J'eusse aimé mieux le voir, près du mont Palatin ,

ta

Dans le docte faubourg dormir jusqu'au matin ; Mais nous formons des vœux dont le hasard dispose : Près de là rayonnait un logis clandestin , Paulus, sans hésiter, heurta la porte close.

«Qui frappe ?-Ouvrez • -Ton nom ?-Qu'importe I -Tout eslpl<â

» Comme le ventre rond d'un prêtre salien,

» Les chambres et les lits; une ombre, par Hercule!

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y> Ne s*y logerait pas ; bonsoir I » Le vestibule S'éclaira cependant, et Paulus pensa bien Que le son des écus lèverait tout scrupule.

Ruisselant de sueur et tout pétri de fard ,

Un homme vint ouvrir ; de son regard cupide

n parcourut Paulus ; son visage blafard

Suintait sous sa peinture , ainsi qu'un mur humide ,

El le myrte , en festons , de sa tempe livide

Montait dans ses cheveux retroussés avec art.

Paulus , pour tout discours , fil sonner sa ceinture ,

Prenant avec raison , dans cette conjoncture ,

L'exorde insinuant. C'était un orateur

Habile à se plier au goût de l'auditeur.

La cause fut gagnée, et, sans plus de murmure :

«Les gens se presseront, dit Thôte, entrez, seigneur! »

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Paolus suivit son guide an fond d'un réduit sombre, Où les lampes mouraient en pétillant dans l'ombre, Où, sur les lits épars, p61e«mèle étendus, Hommes, femmes, enfants tordaient leurs membres nus ; Tous criaient, bruissaient, et des buveurs sans nombre Vidaient les pots d'argile aux cldsons suspendus.

Plus d'un groupe envieux, accroupi sur la terre, Jetait aux lits trop pleins des regards de colère ; Un poète rêvait , sur son coude engourdi , D'autres , dans leurs manteaux , se perdaient à demi , Ou dormaient, appuyés aux murailles de pierre, En balançant leur front par l'ivresse alourdi «

Mais comme un astre d'or dans la nuit ténébreuse , Comme la fleur éclose aux fentes des vieux murs , Une femme était là qui , jeune et radieuse ,

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Se détachait en blanc sur les groupes obscurs ;

D'un sistre recourbé sa main capricieuse ,

Comme un essaim d'oiseaux, éveillait les sons purs.

Elle était belle ainsi ; la pourpre qui la noue

De sa jambe arrêtait les contours onduleux ,

Un sourire flottait de sa lèvre à ses yeux ,

Des sourcils longs et noirs couraient jusqu'à sa joue ,

Et ses cheveux bouclés où la brise se joue

Voltigeaient sur son front étroit et gracieux.

Sa tunique aux longs plis montait comme un nuage Aiutour d'elle, en dansant : le reflet inégal De la lampe fumeuse ou du jaune fanal Parfois d'un vif éclair sillonnait son visage ; Et, sur sa gorge nue, un collier de métal Sonnait comme la grêle en une nuit d'orage !

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Retenant son haleine, et la couvant des yeux, Le rhéleur palpitait, comnae en un songe heureux. Craignant de réveiller son âme confiante Et de perdre à jamais la vision charmante ; Quand soudain près de lui, s'arrêtant dans ses jeux, La danseuse en sueur vint tomber haletante.

Pauius avec un cri la reçut dans ses bras ; Il baisait, éperdu» sa tête parfumée, Et pressait doucement ses membres délicats ; Se gonflant comme une onde, et de perles semée. Sa gorge bondissait par la danse animée ; Elle le regardait et ne lui parlait pas I . . .

Comme nous Pavons dit au début de Tbistoire, Pauius était parfait; sa chevelure noire Onduiait sur son front, son regard plein de feu

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ÊtiDcelait parfois comme celui d'un dieu ; [1 avait un sourire aux belles dents d'ivoire : M grand, ni trop petit, il tenait le milieu.

Elle le regardait mollement inclinée.

Puis craintive et vers lui soulevant ses grands yeux :

« jeune homme inconnu, qui t'amène en ces lieux?

» Tu contemples de loin cette troupe avinée,

» Sans boire et sans dormir, et semblés soucieux,

» Àpprends-moi ton pays, ton nom, ta destinée 1

» Ton sein est large et fort, ton regard plein d'ardeur, » Es-tu soldat aux camps, ou lutteur dans l'arène? » Perces-tu, sans pâlir, une poitrine humaine? » Dit-on, quand tu parais : C'est un gladiateur?... » Paulus, en souriant, prit ses mains dans la sienne : » Je sais tuer aussi, dit-il, je suis rhéteur I »

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Mot profond, en effet ; j'ignore si la belle Comprit notre héros, mais il. était charmant. Et présentait à Tœil Tétoffe d'un amant Solide, en faut-il plus aux femmes? « On m'appelle » Metenis, j'ai vingt ans et je t'aime, » dit-elle. Pour'Paulus, il nageait dans le ravissement.

Advienne que pourra 1 c'est chose délectable.

Qu'un bon gite la nuit et qu'une fille aimable !

Elle avait sur son cou jeté ses bras de lait :

« Ami, je danserai, si ma danse te plaît,

» Où tes pieds passeront, je baiserai le sable,

» Cartes grands yeux sont doux ! Quand ta bouche parlait,

» Je me sentais mourir ! Oh ! mon âme est blessée

» D'un amour inconnu qui ne s'éteindra pas 1

» Parle! veux4u quelqu'un qui s'attache à tes pas?

)) Qui, le jour, qui, la nuit, t'élreigne en sa pensée?

» Une esclave fidèle, une femme insensée

» Qui donnera son sang pour dormir dans tes bras?

» — Je l'aime I » dit Paulus. Les lampes dans Tei^pace

Répandaient ça et là leur reflet incertain

Sur les buveurs couchés parmi les flots de vin .

Chaque groupe dormait immobile à sa place ;

La danseuse bondit vers une porte basse,

En faisant au rhéteur un signe de la main.

Paulus franchit la salle et partit avec elle. Bénissant les destins qui le servaient ainsi ; Ils montèrent tous deux le long du mur noirci : Melaanis demeurait à la troisième échelle ; -— Paulus avait vingt ans, Melaenis était belle ! Magnanimes lecteurs, n'en prenez de souci !

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