ACTE H, SCÈNE III. il
Je suis un pauvre amant, mais un très-bon mari. Maintenant vous savez ^ fond mon caractère; Seulement, croyez-vous la peinture sincère?
MARPISE.
Vous ne paraissez pas homme à rien déguiser.
l£lio.
né bien donc, derechef, voulez-vous ni'épouser ?
MARFISE
Vous avez peint, Monsieur, Tépoux que je souhaitt\ Il est vrai, mais...
LÉLIO
Alors, c'est une affaire faite.
MARFISE
Doucement..
LÉLIO
Quel obstacle encore à mon bonheur?
Tout convient entre nous, âge, fortune, humeur! Vous avez vingt-cinq ans , et j'en ai trente-quatre; Vous êtes douce, et moi loin d'être acariâtre ; Raisonnables tous deux, et nos débats, de plus, Sans procès ruineux sont ainsi résolus.
Voilà trois bons motifs; combien de mariages Se font à moins , qu'on trouve encore heureux et sagesl
liO LES MÉPRISES DE L^AMOUR.
M ARFISE.
Certes à cet hymen rien ne s*opposerait SMl fallait épouser ici votre portrait; Gomme il en faut surtout épouser le modèle»
Je m'inquiète un peu de voir s'il est fidèle.
LiLIO.
Parbleu, je n'ai pas peur de la comparaison ! Donnez-moi seulement accès dans la maison.
Madame, et vous pourrez vous rendre bientôt sure Que je n'ai pas flatté d'un seul trait ma peiuturc.
MARFISE
Qu'un mariage ou non en doive réussir.
Je vous verrai toujours , :\lonsieur, avec plaisir.
LÉLIO
Vous me réjouissez plus que je ne peux dire ; J'ai ce que je voulais. Madame, et me retire Pour ne pas commencer entre nous ce lien Par vous importuner d'un trop long entretien.
MARFISE
Vous n'importunez pas, et je n'ai point d'affaire.
LÉLIO
J'en ai , moi , par malheur, où je suis nécessaire.
MARFISE
Je ne vous retiens plus : au revoir.