‹ Poésies complètes (volume 2)Chapitre 49 sur 108 · SYLVIA, SPINETTE · texte numérisé non relu

SYLVIA, SPINETTE

SPIN£TT

Ainsi, leur mariage est convenu?

SYLVIA

Ma sœur Vient de me l'annoncer. Juge de ma douleur !

C'est rinstant d'avouer franchement à Marfiso...

SYLVIA

Que je suis sa rivale et que Ton me méprise ?

SPINETTE

Que comptez-vous donc faire?

SYLVIA

Entrer dans un couvent.

SPINETTE

C'est fort bien , mais il faut lutter auparavant.

STLVIA.

A quoi bon me raidir contre ma destinée ?

Hélas I pour Lélio Sylvia n'est pas née:

Il ne m'a pas encor regardée, et je voi Que son regard jamais ne tombera sur moi.

SPINETTE

Ma foi I c'est votre faute et je ne vous plains guère. Tant pis pour les battus qui se sont laissé faire.

SYLVIA

Que pouvais-je opposer à mon mauvais destin ?

SPINETTE

Vos gr&ces , vos seize ans, votre présence enfin ! Mais non I quand Lélio paraît, mademoiselle Abandonne la place et s'enferme chez elle I Pardienne ! croyez-vous plaire sans vous montrer, Ou que de pareils yeux ne soient bons qu'à pleurer? Il fallait...

STLVIA.

Fallait-il , pour comble d'infortune, M'exposer à l'aifront de leur être importune?

SPINETTE

Dieu I que ces petits cœurs ont de subtils détours !

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