‹ Poésies complètesChapitre 10 sur 118 · LE RENOUVEAU · texte numérisé non relu

LE RENOUVEAU

Non, l'illusion n'est pas morte , Non, je n'ai pas fini d'aimer î Non! Ma jeunesse est la plus forte, Et les maux entrés par sa porte En sont sortis sans la fermer.

Mon cœur, un temps las de tourmente, Est maintenant las de repos ; J'y sens la sève qui fermente Comme après la saison dormante Dans les bourgeons tout frais éclos.

Oui, tout renaît, tout recommence!

ço LE RENOUVEAU.

J'ai retrouvé mes cliers vingt ans; J'ai retrouvé cette démence Qui peuple l'horizon immense D'un fantôme aux yeux inconstants.

Seulement mon cœur sans alarme Se précipitait autrefois :

Mais la vie a rompu le charme ; Je sais qu'il est plus d'une larme Au fond de la coupe où je bois.

Je sais que toute joie est brève ; Je sais qu'avec un sort pareil Rien ne commence et ne s'achève.

Et que plus divin est le rêve ^ Plus sombre en sera le réveil.

Mais je sais surtout une chose :

Je sais que, dussé-je en mourir, Tout mon bonheur en toi repose , Et que sur ta lèvre mi-close, Je veux tout entier le tarir.

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