ACTE V, SCÈNE II
Que n'ai-je su plus tôt ce qu'appelaient mes vœux!
SYLVIA
Ah! c'est quand nous pleurions que nous étions heureux !
ADRASTE
Je ne le vois que trop , hélas ! ces courtes heures Ont été de ma vie et seront les meilleures ! Ah ! que je voudrais être encore au temps si doux Où je pouvais vous plaindre, où j'étais plaint par vous...
SYLVIA
Où j'avais une part dans votre confidence !
ADRASTE
Où nous étions unis par la même souffrance !
SYLVIA
Où vous étiez mon frère, où j'étais votre sœur!
ADRASTE
Adieu cette amitié si pleine de douceur ! Nous voilà désormais étrangers l'un à l'autre.
SYLVIA
Est-ce que vous jugez mon cœur d'après le vôtre, Quand vous dites, Adraste : adieu notre amitié?
ADRASTE
Ah ! vous m'aurez bientôt sans retour oublié ! Un autre tout entière , un autre vous réclame ,
A qui va désormais appartenir votre âme, A qui vos doux rega«»ds, votre pudique front, VA , si vous en versez , vos pleurs appartiendront !
SYLVIA
Hélas !
ADRASTE
D'un tel trésor qui ne serait avare ?
Oui, oui! c'est pour jam.ais que le ciel nous sépare!
SYLVIA
Calmez-vous... du courage... allez! il nous en faut! D'ailleurs vous m'oublierez le premier, et bientôt... Ma sœur est belle , Adraste !
ADRASTE
Ah ! ne parlons pas d'elle C'est vous , ô Sylvîa, vous qui seule êtes belle ! Que vos regards sont doux et douce votre voix ! Il me semble vous voir4)Our la première fois, Et j'ignorais encor quelle gTfice candide , Quelle fleur de beauté sur votre font réside ! Épouser votre sœur, moi, Sylvial — Jamais! Je ne sais pas comment j'ai cru que je l'aimais; Je le sens maintenant, je m'abusais moi-même, Et c'est vous, Sylvia, c'est vous seule que j'aime!
SYLVIA
Crnnd Dieu!