ACTE V, SCÈNE III
SYLVIA
N'offensez pas ma sœur : je dépens d'elle.
ADRASTE
Diable !
Si , pour vous obtenir, il faut au préalable Épouser votre sœur... je suis dans l'embarras.
GAEIOLLE.
Vous vous êtes mis là, jlonsieur, dans de beaux drans ! Car vous ne pouvez plus, en bonne conscience, Refuser cette veuve après tant d'insistance !
SYLVIA
Mais si c'était ma sœur qui refusait?
GABIOLLE.
Très-bien
Vous avez mis le doigt sur l'unique moyen. IMais comment obtenir que IMarfise refuse ? C'est là le hic.
Il faut lui découvrir la ruse.
ADRASTE
Je m'en vais tout lui dire...
SYLVIA
lié non ! ce libre aveu D'une honnête action pourrait vous tenir lieu.
SPI NETTE, à part.
Voyez-vous la fûtée !
SYLVIA
11 faut qu'elle se fâche, Reprenne Lélio pour époux...
Et vous lâche !
ADRASTE
Hé bien, apprends-lui tout comme par trahison.
GABIOLLE.
Je veux bien vous trahir; mais pour quelle raison? Observez d'autre part qu'en toute cette affaire Je ne puis vous trahir sans ni'avouer faussaire, Et que si Ton me livre aux mains des gens de loi Les brutaux m'enverront sur les vaisseaux du roi , Ce qui me fâcherait ; car la mer m'incommode. Il faudrait donc ici trouver une méthode Qui laissât sans soupçons Marfise d'un côté Et de l'autre me mît moi-même en sûreté. Voilà pour mon génie une grande fatigue; Combien l'estimez-vous?
ADRASTE
Ce qu'elle vaut.