‹ Poésies complètesChapitre 108 sur 118 · ACTE V, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VII

LÉLIO

Fort bien. — Je suis content que tout soit arrangé. Mais sachez, pour régler votre langue étourdie, Que loin d'avoir congé, c'est moi qui congédie. J'épouse Sylvia qui m'aime.

SPIi\ETTE.

Sylvia?

A part.

Adraste aura parlé : parons le coup.

Haut.

Oui dà !

Vous vous imaginez que Sylvia vous aime !

Elle rit.

LELIO

Étes-vous folle?

SPINETTE

Allez , vous êtes fou vous même !

Où diantre voulez-vous qu'elle ait pris de l'amour? Vous êtes très-galant, j'en conviens; fait au tour, Je le vois ; mais, Monsieur, songez que ma maîtresse Ne vous vit qu'un quart d'heure ; et c'est de sa faiblesse Ou de votre mérita un peu trop présumer De croire qu'un coup d'œil suffise à l'enflammer î

236 LES MEPillSES DE L'AMOUR.

L É L 1 0 , confus.

Je ne me fonde pas du tout sur mon mérite, Et la part que j'en ai sans doute est fort petite.

SPINETTE

Si VOUS pensiez de vous aussi modestement, Vous ne vous croiriez pas aimé sans fondement

LÉLIO

Mais j'ai bien quelque titre à son cœur : le service Qu'un jour je lui rendis par un iiasard propice...

SPINEÏTE.

Elle vous en a su, r^Ionsieur, beaucoup degré, Et vous l'a ce matin, je crois, assez montré. C'était de son devoir : mais la reconnaissance Ke la condamne pas à vous aimer, je pense?

LELIO, décontenancé.

J'en conviens, — cependant j'ai pu croire — j'ai cru. Je vois que j'avais tort... mais il m'avait paru...

SPINETTE

Vous estimez trop haut un trait fort ordinaire : Ce que vous avez fait, tout autre eût pu le faire.

LÉLIO

Hélas! c'est vrai. — Que diable Adraste m'a-t-il dit?

SPINETTE, à part.

Tout juste.

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