‹ Poésies complètesChapitre 114 sur 118 · ACTE V, SCENE X · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE X

3 'allais le demander.

LÉLIO

Si j'osais...

SPINETTE

Osez donc !

A genoux l

LÉLIO

M'y voilà. — C'est à vos pieds , Madame , Que j'attends le pardon de mon soupçon infâme; Et je ne me croirai tout à fait pardonné. Que si quelqu'autre espoir encore m'est donné.

MARFISE

Je ne m'appartiens plus : Adraste a ma parole.

LÉLIO) se relevant.

Encore Adraste !

GABIOLLE.

A moi le dé.

ADRASTE

Tais-toi, Gabiolle :

J'ai déjà trop prêté mon silence à ce jeu Que ton libertinage a fait sans mon aveu. — J'ai des torts envers vous, Marfise : je me blâme De vous avoir jugée ainsi qu'une autre femme.

246 LES MÉPiUSES DE L'AAIOUR.

Et d'avoir pu vous croire assez peu de bonté

Pour n'oser pas vous dire ici ia vérité.

De tels ménagements sont bons pour les coquettes ;

Mais ils vous font injure, étant ce que vous êtes.

MARFISE

Je soupçonne à peu près l'aveu qui va venir, Et pour vous épargner l'embarras de finir, Vous ne m'aimez plus.

L É L 1 0 , à part.

Bon !

ADRASTE

Je l'avoue à ma honte.

MARFISE

Franchement, j'en suis aise et j'y trouve mon compte; Je n'avais jamais cru votre amour qu'à moitié, Et pourrai tout à fait croire votre amitié.

ADRASTE

Elle vous est acquise éternelle et sincère !

LÉLIO

Et moi, n'avez-vous pas de réponse à me faire?

MARFISE

Voici ma main.

LÉLIO

Merci ; je ne la quitte plusl

Page 1