ACTE I, SCÈNE II
MARFISE
Je vous ai toujours eu dans une grande estime ; Je vous vois en ami plutôt qu'en étranger, Et je ne voudrais pas du tout vous affliger,
ADRASTE
Vous êtes adorable!
MARFISE
Hé non ! dans ma surprise , Je m'explique fort mal sans doute...
ADRASTE
Non , Marfise.
J'aime à la passion cet embarras charmant î
MARFISE
Comment vous dira...
ADRASTE
Bon ! dites-moi simplement Qu'il ne manque plus rien ici que le notaire.
IMais c'est que je voudrais vous dire... le contraire.
ADRASTE, se levant.
Le contraire !
MARFISE
Hélas ! oui.
ADRASTE
Vous refusez !
MARFISE
Hélas!
ADRASTE
Voilà certe un refus que je n'attendais pas !
Quoi ! de ma liberté je fais le sacrifice,
Je me résous... c'est bien ! suivez votre caprice!
MARFISE
Croyez que je regrette...
ADRASTE
Adieu , n'en parlons plus.
Il fait quelques pas vers la porte et revient.
Daignerez-vous au moins m'expliquer ce refus ? Vous ne me chassez pas sans un motif peut-être?
C'est que dans mon mari je veux trouver un maître.
ADRASTE, rassuré.
S'il ne tient qu'à cela, parbleu ! je vous promets De vous en donner un qui ne cède jamais , Madame, et vous pourrez en juger à l'usage.
MARFISE
Mais pour avoir un maître, au moins je le veux sage. Vous êtes libéral, noble, riche, élégant. Brave, spirituel , mais très-extravagant
ADRASTE, souriant.
Moi!