‹ Poésies complètesChapitre 47 sur 118 · ACTE II, SCÈNE IV. 12â · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV. 12â

MARFISE

Hé bien, Lélio veut... il veut envelopper Tout notre démêlé dans un bon mariage.

SYLVIA, k part.

Quel bonheur ! .

MARFISE

Qu'en dis-tu ? trouves-tu cela sage ?

Pour moi, j'y penche fort.

SYLVIA

Je n'ai pas d'autre vœu Que votre volonté.

Non , rien sans ton aveu , Car la chose, après tout, comme moi te regarde.

SYLVIA

Notre mère, ma sœur, m'a mise à votre garde. Et je ne voudrais pas vous contredire en rien.

MARFISE

Laisse là le respect : il s'agit de ton bien.

.^e t'aime, et ne veux pas t'imposer un beau-frère...

SYLVIA, à Spinstte à part.

Ah! Spinette, c'était...

s P I >■ E T T E , de même.

« J'entends; laissez-moi faire.

(a I^Iariise.)

Puisqu'elle n'ose pas vous donner son avis,

Je répondrai pour elle, avec votre permis.

A quoi donc pensez-vous, d'épouser sans connaître?

Mettez-vous au hasard le choix de votre maître?

On peut encor risquer de le prendre aigre-doux

S'il est vieux , comme était votre premier époux :

On sait que tels maris ne sont pas de durée,

Et que l'on en sera vitement délivrée ;

Mais Lélio paraît très-robuste et très-sain ;

C'est un gaillard , Madame, à n'en pas voir la fin ,

Et si d'un repentir l'équipée est suivie,

Vous vous en préparez cette fois pour la vie.

MARFISE

Aussi ne vais-je pas l'épouser de léger :

îl doit nous voir souvent , je pourrai le juger.

Bon! rhymen est, Madame, un étrange négoce ; Un mari n'est jamais mari qu'après la noce : Tant qu'il est au futur sans doute il est charmant; Mais une fois l'époux, Madame, adieu l'amant!

MARFISE

Cette maxime étant généralement bonne, Personne, en y songeant , n'épouserait personne.

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