G A B I OL L E
Vous voulez , par bonté, cacher votre pensée ; Mais je n'ignore pas que l'oubli d'un amant Aux dames sert toujours d*e mauvais compliment , Et je suis désolé d'en être le complice.
MARFISE
Adraste, en m'oubliant, me rend un grand service : Il m'obéit, d'ailleurs, bien loin de me trahir.
GABIOLLE.
C'est ce qu'il me disait : Je ne fais qu'obéir.
— Mais, Monsieur, répondais-je, avez-vous riiinocence De croire qu'on s'attende à votre obéissance V Ignorez-vous encore, à l'âge où vous voilà ,
Qu'une femme jamais ne pardonne cela ,
Et que ne voulant plus d'un amant , la cruelle
S'offense qu'à son tour il ne veuille plus d'elle?
— Bon ! tu ne connais pas :\îarfise, disait-il ; Elle a reçu du ciel un esprit très-viril ,
Et ne m'en voudra pas de mon amour éteinte.
MARFISE
Il m'a très-bien jugée et peut être sans crainte.