‹ Poésies complètesChapitre 71 sur 118 · SCENE VII MARFISE, SPINETTE, SYLVIA · texte numérisé non relu

SCENE VII MARFISE, SPINETTE, SYLVIA

SPINETTE, bas à Sylvia.

Attaquons Lélio. Riez , moi je l'assomme.

(a Marfise.)

Votre futur, Madame, a l'air bien honnête homme !

MARFISE

C'est qu'il l'est en effet.

SPINETTE

On le juge à l'aspect, Et ses moindres façons me donnent du respect : Il fait tout gravement , rit sans ouvrir la bouche , Gravement éternue et gravement se mouche...

MARFISE

Les étranges vertus que tu vas lui eherclier !

168 LES MÉPHISKS DE l/A.MOUR.

Oh ! ce n'est rien encore ! Il faut le voir marcher Lentement, noblement, comme un juge...

SYLVIA, a part.

La sotte !

Il ne doit pas tacher ses bas les jours de crotte ! Et comme ses habits sont proprement tenus ! C'est le moins élégant de ceux que j'ai connus ; Mais quelle rectitude en toute sa toilette ! Sa perruque est toujours bien droite sur sa tête, Et je gagerais bien qu'en se couchant le soir Il a soin de ranger ses hardes au tiroir !

SYLVIA, à part.

L'impertinente!

M A R F I s E , souriant.

Il a sans doute beaucoup d'ordre.

SPI NETTE.

C'est un homme sur qui l'on ne sait pas où mordre. Quel bon sens agréable il met dans ce qu'il dit ! 11 a toujours raison contre les gens d'esprit : S'il se dit un bon mot qui blesse la logique , Il le réduit à rien d'une forte réplique , Et son raisonnement, solide et bien nourri.

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