‹ Poésies complètesChapitre 78 sur 118 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Les Mêmes, ADRASTE.

spinette.

Venez , Monsieur, venez que l'on vous attendrisse ! Nous allons consommer un très-beau sacrifice.

ADRASTE

Qu'est-ce donc? ^ ' /

SPINETTE

Nous trouvons que ce serait noirceur De traverser ainsi l'espoir de notre sœur; De quelle sœur encor ! De la sœur la plus chère

Qui soigna notre enfance et nous servit de mère...

ADRASTE, àpart.

La pauvre enfant!

SP INET TE.

D'ailleurs, cela nous satisfait :

Nous verrons un bonheur qui sera notre fait, Et notre dévouement n'a rien qui nous effraie, Il nous rend au contraire heureuse et presque gaie ; Les bonnes actions rafraîchissent le sang... Qu'en dites-vous, Monsieur, n'est-ce pas très-plaisant?

ADRASTE

Sylvia , vous avez une âme noble et grande. Aussi la seule grâce au ciel que je demande Est de vous voir heureuse avant de vous quitter.

» SYLVIA

Me quitter?

ADRASTE

Oui, je pars.

SPINETTE

Mais c'est là déserter !

Un véritable amant doit être opiniâtre.

Et non pas se tenir pour battu sans combattre !

ADRASTE

J'ai fait ce que j'ai pu, Spinette, et je vois bien

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