ACTE IV, SCENE III
Oui , plus laid que jamais.
GABIOLLE.
Flatteuse détestable !
SYLVIA
Mais que prétendez-vous par ce déguisement?
GABIOLLE.
Aux j^enx de votre sœur m'ofifrir effrontément. Qui me reconnaîtra sous une mascarade Grâce à laquelle Oreste a méconnu Pylade ?
ADRASTE
Je me passerais bien de la comparaison.
Bref, je viens vous sauver.
SPINETTE
Les sauver, pauvre oison !
Sache qu'ils ont un plan charmant que tu déranges : Ils aiment leur chagrin , ces pauvres petits anges ! Ils ont fait la partie ensemble de pleurer, De se sacrifier, de se désespérer, Et quand tout est conclu, tu viens en rabat-joie Contrecarrer leurs pleurs !
GABIOLLE*
Faut-il que je la croie?
m LES MÉPRISES DE L'AMOUR.
Oui , je suis en effet résignée à mon sort,
SPINETTE
Et Monsieur chez les Turcs s'en va chercher la mort.
GABIOLLE.
Chez les Turcs?
ADRASTE
Je t'emmène.
GABIOLLE.
Attendez-moi sous l'orme.
Dès étant tout petit j'exécrais l'uniforme.
SPINETTE
Seriez-vous un poltron ?
Ce n'est pas lâcheté :
Mon courage a paru... contre l'adversité! Mais la guerre , Monsieur ! c'est un métier impie Où l'homme le mieux fait bêtement s'estropie ; Un métier que les rois devraient s'être occupés De réserver aux gens par nature écloppés ! Par Vénus ! trouve-t-on qu'il soit trop peu sur terre De borgnes, de boiteux, de manchots — sans en faire? Ce sont des procédés que je ne puis souffrir : Moi, qui suis né complet, complet je veux mourir.