CHANT NUPTIAL
21 août 1897,
Amassez, ô vaisseaux ! amassez sur les îles Les fleurs dont tout un bois se couronne, et le miel Jui brille aux maisons d'or des abeilles agiles, St des pressoirs fumants le vin substantiel.
} Muses ! enlacez à vos cheveux dociles La fleur des citronniers ; qu'un myrte sur Tautel 'Usqu'à Jupiter monte, et vous, lauriers fertiles, |)ue j'ai créés, formez un lien immortel.
Dans ta couche enivrante où je pourrai dormir, Gomme un astre enfanté naîtra tout l'avenir, Mère du siècle heureux, ô déesse, déesse!
Mélangés, nous saurons, tels deux sculpteurs fougueux, La lèvre enthousiaste et l'œil fou de jeunesse. Tailler dans les baisers l'éclatant corps des dieux I
LA SOUFFRANCE DES EAUX
XYI A EUGÉlNIE
Ce soir, en écoutant les vag^ues g'émissantes Sur ta couche où mes sœurs, les Muses à Fœil pur, Tendant sur ton sommeil leurs ailes rougissantes, Du feu de leurs pensers nourrissent l'être obscur,
J'ai rêvé de courber des nefs retentissantes Fendant Fonde du temps d'un éclair prompt et sûr Sur ma poitrine plane un luth aux voix puissantes Gomme^^un aigle endormi sur le sein de l'azur.
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Une île sur nos mers s*étend, Délos nouvelle : Sur cette île un palmier somptueux étincelle ; Son autel de rochers par la vague est lavé .
Là tu fus par Phébus à mon sang- même unie, Toi dont les mains, calmant les mers, ont soulevé Sur mon luth des torrents bondissants d'harmonie.
LA SOUFFKAxNCE DES EAUX