VERS DORÉS POUR GUSTAVE ROBERT
Or les troènes d'or et les lilas suaves,
Les blancs lilas au clair de lune ont frissonne;
Les cieux, à leur éclat, se sont illuminés.
Je n'ai pu réussir qu'à rendre mes esclaves Ceux dont j'aurais rêvé de faire mes égaux. De lumineux lilas j'ai lié leurs entraves !
Puissent-ils les briser à force de grandir!
Je maudis tout monarque aux splendeurs opprimantes^
Mon sceptre est fait de lys, de bienheureuses menthes.
Si l'on me suit, qu'on n'ait point peur de resplendir.
VERS DOUÉS
Mais malheur à ceux-là que l'ascension lasse, Car vers Dieu sans répit il nous faudra monter, Toute inertie entraîne au gouffre illimité.
Mais toi, ton front déjà sous les lauriers s'efface; Quand tu me vis passer, clair et domptant l'espace, Tu fis frémir vers moi ta libre volonté,
Comme une palme, ô toi, beau comme la Beauté.