‹ Poésies complètesChapitre 15 sur 153 · L'OFFRANDE · texte numérisé non relu

L'OFFRANDE

Voici ce que j'ai cru, ma douce et fière étoile ! Tous ceux qu'un bon génie expose à vos clartés Sentent dans leur esprit se déchirer un voile Qui leur obscurcissait les belles vérités.

Alors, tournant les yeux à l'horizon céleste, Ils ont le sentiment d'un paradis perdu. Chacun d'eux, à vous voir si grave et si modeste, En soi-même rougit de son peu de vertu.

LE JARDIN d'amour 55

Et c'est pourquoi j'ai dit à ma triste espérance Qui vers vous, fleur du ciel, voulait guider mes pas : « Nous ne pourrions offrir que gerbes de souffrance, C'est une moisson pâle et qui ne mûrit pas.

De nos larmes d'amour, comme d'une rosée, Fût-elle plus brillante et plus humide encor. Pour la rendre agréable à la chaste épousée, îl n'en faudrait pas moins quelques beaux épis d'or.

Viens ! nous les cueillerons au champ des œuvres saintes. C'est peu d'aimer le bien : il reste à l'accomplir, Pour mettre aux pieds de celle à qui montent nos plaintes Un trésor que le temps ne puisse point pâlir.

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