L ECOLIER
II lui parle : « Dieu seul est au centre des choses ; Ni toi, mon fils, ni moi n'en avons fait le tour, Ni ces savants à qui les vérités sont closes Plus encore qu'à toi, car ils ont moins d'amour.
La souffrance est le lot de toute créature, La terre un lieu d'épreuve et de perversité, Et, si le mal partout règne dans la nature. Hélas ! l'auteur en est la seule humanité.
L'humanité commit la faute originelle.
Qui pesa désormais sur l'astre douloureux ;
Les êtres innocents souffrent à cause d'elle
Sans qu'elle ait de remords ni pour soi, ni pour eux. •
Le vieillard dit encor : « Celui qu'un mauvais rêve Opprime, se débat, s'épuise avec terreur Contre de vains dangers ; mais quand l'aube se lève, U s'éveille, il respire, il connaît son erreur.
Après la mort, ainsi tout sans doute s'éclaire. Va ! nous saurons pourquoi ce monde fut formé, Sa part d'illusion, et comment Dieu tolère La lutte entre Satan et son Fils bien-aimé.
Oui ! que ta volonté soit faite, et non la mienne. Seigneur » dit le vieillard, « sur terre comme au cieuxl J'attendrai que le jour de ta lumière vienne ; Je ne jugerai pas ton œuvre par mes yeux. »
L'écolier, aux accents de cette foi sévère. Emu, sent tout à coup s'alléger son fardeau : (( Merci, mon père ! » Il court au rustique calvaire Et tout haut, le front nu, récite le Credo.
JULIUM SIDUS
Quîd debeas, o Roma.
Horace.
Ce que tu dois, ô France, à tes Napoléons, Le monde en fut témoin du couchant à l'aurore, Et la terre, depuis un siècle, garde encore, Oii leur pied se posa, la trace des lions.
Les vétérans, couverts de croix et de chevrons, N'ont passé nulle part comme un feu qui dévore ; L'ordre et les justes lois, dans le pli tricolore, Avec l'Aigle marchaient vers les quatre horizons.
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