‹ Poésies complètesChapitre 53 sur 153 · A SEXTUS · texte numérisé non relu

A SEXTUS

Sextus qui, vers midi, sous l'ombre du portique Promènes tous les jours tes pas et tes regards, Tu célèbres parfois la tempérance antique Et tu vantes le sang de la louve de Mars :

(( Nos ancêtres, dis-tu, dont l'exemple s'oublie,

Ont vécu pour la gloire et non pour le plaisir,

Et Calvus, qui chanta la triste Quintilie,

Ceignait de plomb ses reins pour vaincre le désir. »

Un autre que Sextus s'en tiendrait à l'éloge... Ambitieux î tu veux rivaliser d'efforts, Et, si nous t'en croyons, dès demain sous la toge Des lames de métal mortifieraient ton corps.

J'y consens ; mais survienne une fdle aux dents blanches (Des dents prêtes à mordre au fruit de volupté). Ce jour-là, tout le plomb qui cerclerait tes hanches De quoi pèserait-il et qu'aurait-il dompté ?

l38 LA LAMPE D* ARGILE

Yois Lycinne sourire : elle n'est point novice Dans le docte débat des amoureux larcins ; A d'autres qu'à son maître elle a rendu service. Va donc, et fais-lui part de tes graves desseins.

PERILLA

x-V. E. Ledrain.

.... dalci cum matre sedentem Aui intcr llbros Pieridasque tuas.

Oaide, à Périlla.

Un soir, j'ai vu Ion ûmc aux feux blancs d'une étoile.

JM*"' Yalmore.

Un poète d'un siècle et d'un pays lointains, Mais un poète épris des souvenirs latins. Songe h toi, Périlla, sous les yeux de ta mère Pliant ta lèvre rose à la langue d'Homère. Dans la paix du foyer, loin des viles rumeurs, Fleurissait ton génie avec tes chastes mœurs. Tu ne redoutais pas la vieillesse et les rides ; Assise tout le jour parmi tes Piérides,

POÈMES ROMAINS l3^

ïu livrais ta fortune à deux amis constants : Ni l'art ni la vertu n'ont à craindre le temps. Chère élève d'Ovide, ô toi presque sa fille, Ton étoile, en un point du ciel antique, brille ; La lyre la fixa sur son écaille d'or.

Et, deux mille ans après, elle nous luit encor.

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