‹ Poésies complètesChapitre 97 sur 153 · DIDON · texte numérisé non relu

DIDON

A J.-M. de Heredia.

,.. di morientis Elissae.

Virgile.

Si le jour d'abandon qui nous mène à mourir Succède aux belles nuits dont le ciel fut avare, Celui pour qui le mal par le mal se répare Suit ton exemple, Elise, à ton dernier soupir !

Lorsque, docile aux dieux prompts à le ressaisir. Le Troyen, de son glaive, eut, en tranchant l'amarre Qui retenait sa nef à la côte barbare. Du même coup tranché ta vie et son désir,

Au lieu d'étendre à lui ta pitié sur toi-même. De le plaindre de fuir par devoir ce qu'il aime, La vengeance altéra ton cœur trop conjugal.

Mais l'Olympe, trouvant injuste ta colore. Préparait, pour calmer cette soif séculaire, La coupe de poison oiî dut boire ïlannibal.

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