‹ Poésies complètesChapitre 12 sur 52 · AU MUSEE · texte numérisé non relu

AU MUSEE

L'œil vague

Et le regard lointain, Toujour elle imagine Des œuvres de beauté.

UN FRERE EN DETRESSE (décembre 1863).

Autour des remparts de Tyra, Pour la dernière fois peut-être,

Se groupe un peuple en détresse, un peuple en deuil Sous son drapeau en berne.

Peuple abandonné au jour du péril, Sans allié pour la bataille !

Est-ce ainsi que devait être interprétée la poignée de

main fraternelle Qui devait unir les puissances du Nord, Les serments d'Axelstad et de Lund ?

Les paroles qui s'échappaient des lèvres Comme venant directement du cœur,

74 POÉSIES COMPLÈTES D'iBSEN

N'étaient-elles donc qu'un flux de paroles vaines,

Et tari maintenant ?

L'arbre qui sous le soleil des fêtes

Promettait tant de fruits,

Maintenant dépouillé de ses feuilles,

N'est-il plus qu'une croix plantée funèbrement

Sur la tombe des espérances du Nord

Plantée dès les premières difficultés ?

Ce n'étaient donc que des paroles dorées

Echangées aux temps des fêtes,

Que des baisers venimeux de Judas,

Toutes ces caresses et toutes ces paroles

Que prodiguèrent les fils de la Norvège

Hier encore aux Danois sur les rives du Sund ?

Qu'est-ce que les rois ont bien pu se dire

Entre eux à la dernière entrevue ?

Jouait-on donc encore le même jeu,

Celui du roi Gustaf au château de Stockholm

Lorsqu'il saisit l'épée de Charles Douze.

Un peuple en deuil, un peuple qui suit ses propres funérailles, Abandonné de ses amis,

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