‹ Poésies complètesChapitre 58 sur 81 · LUNES EN DETRESSE · texte numérisé non relu

LUNES EN DETRESSE

Vous voyez, la Lune chevauche Les nuages noirs à tous crins, Cependant que le vent embouche Ses trente-six mille buccins !

Adieu, petits cœurs benjamins Choyés comme Jésus en crèche, Qui vous vantiez d'être orphelins Pour avoir toute la brioche !

Partez dans le vent qui se fâche, Sous la Lune sans lendemains, Cherchez la pâtée et la niche Et les douceurs d'un traversin.

Et vous, nuages à tous crins, Rentrez ces profils de reproche,

I s\ les trente-six mille buccins Du vent qui m'ont rendu tout Lâche.

D'autant que je ne suis pas riche.

Et que Ses yeux dans leurs écrins Ont déjà fait de fortes brèches Dans mon patrimoine enfantin.

Partez, partez. jusqu"au matin '.

Ou, si ma misère vous touche, Eh bien, cachez aux traversins Vos têtes, naïves autruches,

Eternelles, chères embyches Où la Chimère encor trébuche !

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