‹ Poésies complètesChapitre 75 sur 81 · DIMANCHES · texte numérisé non relu

DIMANCHES

Bref, j'allais me donner d'un « Je vous aim

Quand je m'avisai non sans peine

Que d'abord je ne me possédais pas bien moi-même.

(Mon Moi, c'est Galathée aveuglant Pvgmalion ! Impossible de modifier cette situation.)

Ainsi donc, pauvre, pâle et piètre individu

Qui ne croit à son Moi qu'à ses moments perdus,

Je vis s'effacer ma fiancée

Emportée par le cours des choses,

Telle l'épine voit s'effeuiller,

Sous prétexte de soir sa meilleure rose.

Or, cette nuit anniversaire, toutes lesWalkyries du vent

Sont revenues beugler par les fentes de ma porte :

Vœ tolii

Mais, ah! qu'importe?

11 fallait m*en étourdir avant !

Trop lard ! ma petite folie est morte !

Qu'importe Vœ soli !

Je ne retrouverai plus ma petite folie.

Le grand vent bâillonné,

S'endimanche enfin le ciel du matin.

Et alors, eh! allez donc, carillonnez,

Toutes cloches des bons dimanches !

Et passez layettes et collerettes et robes blanches

Dans un frou-frou de lavandes et de thym

Vers l'encens et les brioches !

Tout pour la famille, quoi ! Vœ soli ! C'est certain.

La jeune demoiselle à l'ivoirin paroissien

Modestement rentre au logis.

On le voit, son petit corps bien reblanchi

Sait qu'il appartient

A un tout autre passé que le mien !

Mon corps, û ma sœur, a bien mal à sa belle âme...

Oh ! voilà que ton piano

Me recommence, si natal maintenant !

Et ton cœur qui s'ignore s'y ânonne

En ritournelles de bastringues à tout venant.

Et ta pauvre chair s'y fait mal !...

A moi. ^Yalkyries !

Walkyries des hypocondries et des tueries !

Ah, que je te les tordrais avec plaisir.

Ce corps bijou, ce cœur à ténor.

Et te dirais leur fait, et puis encore

La manière de s'en servir

De s'en servir à deux.

Si tu voulais seulement m'approfondir ensuite an peu

Non, non : C'est sucer la chair d'un cœur élu. Adorer d'incurables organes S'entrevoir avant que les tissus se fanent En monomanes. en reclus !

Et ce n'est pas sa chair qui me -erait tout.

Et je ne serais pas qu'un grand cœur pour elle.

Mai- quoi s'en aller faire les fous

Dans des histoires fraternelle- !

L'âme et la chair, la chair et L'âme,

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