‹ Poésies complètes (volume 2)Chapitre 52 sur 76 · LES VESTI^S · texte numérisé non relu

LES VESTI^S

<Jl Charles Gros.

Dans la cour d'un couvent passaient deux jeunes filles, En rêve franchissant les hauts murs du parloir Qui leur devait bientôt ouvrir enfin ses grilles. Un éclair du destin brûla le vent du soir; Et dans l'ombre, à l'écart, parlaient deux jeunes filles.

Il en sera de moi comme d'un grand caveau Où gisent à jamais d'immobiles poussières, Cependant qu'au-dessus, chaque printemps nouveau. Un jardin gazouillant verdit, plein de lumières. Je fermerai souvent mon cœur, comme un caveau.

Il en sera de moi comme d'un coffret rare Que le premier parfum seul aura pénétré Dans un riche pays dont la mer le sépare. Bien heureux qui sera celui que j'aimerai ! J'aurai trempé mon cœur dans une essence rare.

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