‹ Poésies complètesChapitre 58 sur 59 · MARCHE FUNÈBRE · texte numérisé non relu

MARCHE FUNÈBRE

Sur les cercueils fermés plus un seul glas qui sonne. Dans l'insondable oubli sombrent les noms fameux. Qui de nous s'en souvient? Qui les pleure? Personne. O gloire! nul de nous en toi n'a cru comme eux!

Soleil, qui mûrissais beauté, forme et jeunesse, Faisais chanter les bois et rire les remords, Nous n'avons, nous, connu, soleil des siècles morts! Que ta lueur fumeuse et ta triste caresse.

Toute une mer d'effrois, femmes, remonte en vous, Devant l'abjection cynique de nos faces. Quand nous avons cherché vos corps, nous avons tous Abhorré le désir dompteur des jeunes races.

La haine est morte. Seul a survécu l'ennui, L'insurmontable ennui de nos hideurs jumelles, Qui tarit pour toujours le lait dans vos mamelles, Et nous roule au néant moins noir encor que lui.

Et toi, dont la beauté ravissait les aurores,

Fille de la lumière, amante des grandeurs,

Dont les hautes forêts vibraient, manteaux sonores,

Et parfumaient le ciel de leurs vertes splendeurs;

Terre, toi-même au bout du destin qui nous lie, Comme un crâne vidé, nue, horrible et sans voix, Retourne à ton soleil! Une seconde fois, S'il brûle encor, renais à sa flamme pâlie!

Mais au globe épuisé heurtant ton globe impur, Puisses-tu revomir nos os sans nombre, ô terre ! Dans le vide où ne germe aucun monde futur Tous à jamais lancés par le même cratère!

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TABLE

La Vision d'Eve 5

La Fée Hamonde 11

Crépuscule 14

L'Image 17

Après le Bain 19

Salvator Rosa 21

Souré-Ha 33

En Chemin 45

La Soif 47

224 TABLE

Soleil couchant 49

L'Œil 5$

La Prophétie. 57

Les Cygnes 66

Stella Vespera 67

Révolte 84

La Prison 85

Le vieux Solitaire 86

Hemrick, le Veuf 93

In Extremis 106

L'Exemple 109

L'Épreuve 111

La Vierge 119

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