DÉSENCHANTEMENT
Les longue.^ espérances usent la joie, cnninic les lon;;ues maladies usent la douleur.
!\{adainc de Skvigxc.
« Insensée, à ces ca-urs fardés d'hypocrisie, » Qui profanent l'amour, que l'amour rassasie ,
5> Tu demandais en Aain » Cette source du ciel où l'on se désaltère; » Ils avaient m(%ngé les fanges de la terre
» A son nectar divin !...
M Tous ceux dont les pensers te charment dans un livre, » Sont des anges déchus qui ne savent pas vivre
» Comme ils savent rêver :
» Ils ont de faux bonheurs et de fausses tristesses, w Et toi , naïvement tu crois à leurs ivresses ,
» Et veux les éprouver!...
» Hélas! ne vois-fu pas que la foule te raille
» Quand de gloire et d'amour ton âme qui tressaille
)) Est prête à se briser I » Tu conserves l'espoir, ton erreur se prolonge, » Et tu vas, épuisant tes jours de songe en songe,
)) Sans rien réaliser ! ! ! »
Mais cette voix qui rend tout sentiment athée. Cette voix du malheur, grave, désenchantée, Ne retentissait pas dans mes rêves d'amour, Rêves que Dieu fait naître, et qu'on perd en un jour. Ce ne fut qu'en tombant de ces sphères d'élite. Où, dans son vol hardi, notre pensée habite, Que je vis l'idéal par mon àme enfanté S'évanouir soudain sous la réalité.
Comme ce fruit doré des bords de la mer Morte, Dont la cendre jaillit quand la livre s'y porte : On eût dit que le sort, implacable et moqueur, Se plût à décevoir les rê\es de mon cœur.
Alors ce co'ur brisé pai- sa longue souffrance Eut des désirs sans but, des vo-ux sans espérance; Tous les biens d'ici-bas me semblèrent souillés; Le prisme était détruit... à mes yeux désillés, Dans un cercle borné , la vie apparut terne Comme le soleil vu dans le lac noir d'Averne; Et je sentis en moi pénétrer lentement Cette mort du bonheur... le déseiNChamement.
Ocio! re IS;13.