CXXII A CHARLES DOVALLE
Dovalle, le regret de ta chère voix frêle Monte comme un parfum de notre Anjou fleuri, Et sur les verts coteaux où ton enfance a ri Ton âme en se jouant nous taquine de l'aile.
La nature t'a pris, mais tu revis en elle, Immortellement beau malgré ton cœur meurtri. Et nos campagnes d'or sont le pieux abri Où vient ton souvenir, ainsi qu'une hirondelle.
Parfois, nous entendons voltiger tes chansons Au-dessus des raisins et parmi les buissons Où tu menais Chrysa d'une main enfantine,
Et nous sentons dans l'air imprégné de ta voix
Passer le faible écho d'un aveu d'autrefois
— Léger comme un pétale envolé d'églantine !...
Eugène Roussel.