RONDEAU LIV
Tant sont les yeulx de mon cueur endormîz En Nonchaloir, qu'ouvrir ne les pourroye ; Pource, parler de Beaulté n'oseroye, Pour le présent, comme j'ay fait jadîz.
Par cueur retiens ce que j'en ay aprîs , Car plus ne sçay lire ou Livre de joye , Tant sont les yeulï de mon cueur endormiz En Nonchaloir, qu'ouvrir ne les pourroye.
Chascun diroit qu'entre les rassotiz , Comme aveugle des couleurs jugcroye , Taire m'en vueil , rien n'y voy, Dieu y voye ! PlaJsaos regars n'ont plus en moy logis. Tant sont les yeulx de mon cueur endormiz.
Tant sont lesyeulx de mon cueur endormi^ En Nonchaloir, qu'ouvrir ne les pourroye; Pource, parler de Beau It^ n'oseroye Pour le présent, comme j'ay /ait jadîj.
Joyeetsoulaj nesont plus mesamis.
Chose ne voy de qùoyje me resjoye ; Tant sont lesyeulx de mon cueur endormi^ En Nonchaloir, qu'ouvrir ne les pourroye.
Je suis mouillé et retrait et remis, Morne et pensif, tropplus que ne soutoye, Tyvoy trouble, car es yeux ay la taye , El n'y conenois le blanc d'avec le bis. Tant sont lesyeulx de mon cueur endormi^.
En changeant a
es appctiz ,
Je SUIS loui saoul de blanc pain
El de menger me
nrs de fa in
D'onfrésetaouv
au pain bis.
A mon gré , ce
pain faitis
C'est un^ morcea
souverain.
En changeant mes
appetiï,
Je suis tout saoul de blanc r>aia
S'il en fust â me
n devis ,
Plustosianu\-tq
e demain
J'en eusse mon vo
uloirplain,
Curgrantdesirm
en est pris,
En changeant me
appeiiz.
De Frcdtl.
Pour mettre à jin la grant doleur Que par trop amer je reçoy.
Secoure j moi; Las! ou autrement, sur ma foy.
Mes jours n'auront pas grani longueur.
Car si tresiourmenté je suis De tant d'enituys Qui sans cesser me courent seure.
Que je n'ay bons jours, bonnes nuys.
Et si ne puis.
Trouver, fors vous, qui me sequeurs.
Aidej à yostre serviteur Qui est mieuix pris que par le dqy,
Ou mort mi voy.
Se ne monstrej brie/, savej quqy?
Que vous aye^ mon /ait à cueur.
Pour mettre à jin la grant doleur.