‹ Poésies complètes, revues sur les manuscritsChapitre 136 sur 228 · RONDEAU CXXXIV · texte numérisé non relu

RONDEAU CXXXIV

Marché nul autrement Avecques vous, Beaultc, Se de vous Loyaulte' N'a le gouvernement I , Puis que mes jours dcspeni A vous vouloir amer, Et apràs m'en repens,

l54 ' CHARLES D'ORLÉANS.

Qui en doit on blasmer?

Riens, fors vous seulement, A qui tiens féaulté, Quant monstrez cruaulté, Veu qu'Amour le deffent ; Marché nul autrement.

Las! le faut il? est ce ton vueil, Fortune, qu'aye douleur mainte?

De l'ueil me soubzris, mais c'est fainte, Et soubz decepte, doulx accueil.

Ay je tort? quant reçoy tel dueil, S'ainsi je dy en ma complainte :

Las! le faut il? est ce ton vueil, Fortune, qu'aye douleur mainte?

Tue moy, puis en mon sercueil Me boute, c'est chose contrainte; Lors n'y aura Dieu, saint, ne sainte.

Qui n'apperçoive ton orgueil; Las! le faut il? est ce ton vueil?

Par Maistre Jehan Caillaii.

Las! le faut ilf est ce ton vueil.

Fortune, dont me plains et dueil, Que tout mon temps en doleur passe?

Souffre que faye quelque espasse De repos, entre tant de dueiL

RONDEAUX. l55

N'aura)- je de loy autre accueil.

Fors desdaing, reprouche et orgueil?

Veux tu qu'en ce point je trespasie f Las! le faut! il? est ee ton vueil.

Fortune, dont me plains et dueil,

Que tout mon temps en doleur passef Je ris de bouche, et pleure dueil.

Et fays et dy ce que ne vueil;

Ainsi ma vie se compassé, Maleureuse, chetive et lasse,

En paine et m'^iulx- dont trop recueil. Las! lefaull-ilt est ce ton vueiif

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