‹ Poésies complètes, revues sur les manuscritsChapitre 158 sur 228 · RONDEAU CLXXXI · texte numérisé non relu

RONDEAU CLXXXI

Le fer est chaule, il le tault batre, Vosire fait que savez va bien ;

Tout le saurez, sans celer rien.

Se venez vers raoy vous esbalre.

Il a convenu fort combatre.

Mais, s'il vous plaïst, partait le tien Le fer est chaule, il le faulc bacre, Vosire (ait que savez va bien.

Convoitise vouloir ra batre

l86 CHARLES D'ORLÉANS.

Escharsement et trop du sien ; Mais ung peu j'ay aidié du mien.

Qui Ta fait cesser de debatrc. Le fer est chault, il le fault batre.

De Frcdcl

Je regrette mes dolans jours.

Comme celluy là qui tousjours Ne fait que désirer sa mort ; Car plus avant vois et plus fort Acroissent mes dures dolours.

Quant on me fait d'estranges tours, Que, mille foi j le jour, en plours.

Me fault dire par desconfort :

Je regrette mes dolans jours.

En vous seul est tout mon recours, Faittes donc, plus tost que le cours^ Cesser le mal que souffre à tort, Ou autrement je me voy mort.

Et tout pour bien servir Amours; Je regrette mes dolans jours.

RONDEAU CLXXXIL

Réponse à FrédeL

Se regrettez vos dolans jours, Et je regrette mon argent

Que i'ay délivré franchement, Guidant Jf '

Se ne sont pas les premiers tours Dont Convoitise sert souvent ; Se regrettez vos dotans jours, Et je regrette mon argent.

Mais se vous n'avez voz amours, Puis que Convoitise vous ment.

Le mien recouvreray briefment, Ou mettray le fait en droit cours, Se regrettez vos dolans jours.

RONDEAU CLXXSIII.

A Daniel.

Vous dittes que j'en ayme deuï, Mais vous parler contre Raison, Je n'ayme fors un^ chapperon, Et ung couvrectiief plus n'en veulx.

C'est assez pour ung amoureux ; Mal me louez, ce faîties mon, Vous dittes que j'en ayme. deux, Mais vous parlez contre Raison.

Certes je ne suis pas de ceulx Qui par tout veulent à loison Eulï iournir, en toute saison ; N'en parlez plus, j'en suis honteux Vous dittes que j'en ayme deux.

RONDEAU d'Oliiricr dt La Msrche.

Pour amours des dames de FY^ Je suis entré en tobservance Du tresrenommé saint François, J Pour cuider trouver une foi:

La doulce voye d'Alegance.

Saint suis de corde de Souffratù Soubj haire d'Aigre Desirance, Plus qu'en mon Dieu ne me congnaïs.

Pour amours des dames de France, Je suis entré en l'observance.

Soubrement vis de ma Plaisance, Et june ce que Désir pense, Mandiant par tout où Je veille à conter, par mes dois.

Les maulx que m'a fait 1 Pour amours des dames de Frat.

Des amour eu jc de r observance ff Je suis le plus subgiet de F'ranei Car je sers d'estre mandien Et cherche le cotidien ; Mais nul en mon sac rien ne /«i

* Aux frères l'aumosne, pour Dieu, > Tousjours vois criant d'uys en huis, Las! Charité ne trouve en lieu.

Ne Pitié ne scet gui je suis.

Retourner m'en fault sans pitance i Désir, le Pourvéeur, me tance.

Puis le beau père Gardien; Pis suis que Boesme, n'Yndîen; L'ordre vueil laisser sans doubtance.

Des amoureux de l'observance.

P»r Gmrgei.

Les serviteurs submis à l'observance, Quoy que souvent, il leur tourne à grevance. De notl avoir leur plaisir à toute heure. Toute /ois. Dieu, soubj qui rien ne demeure, A. telj servons ne fist onc decevance.

Mains il convient, par contrainte eslevance, Qu'Onneur, Fortune, ou Amour les avance En quelque endroit, et au besoing seqeure Les serviteurs submis à l'observance, Quojr que souvent, il leur tourne à grevance De non avoir leur plaisir à toute heure.

De long souffrir en pénible estrivance Naist aux souffrans, hauite et riche chevance Finablemenl, qui les paye et honneure ; Après l'atgret trouve on la douice meure Qui radoulcist, en leur propre savance, s submis à l'observance.

RONDEAU GLXXXfV.

s de l'observance, Dont j'ay esté ou temps passé, A présent m'en treuTC lassé Du tout, sinon de souvenance.

Ou je prens d'en parler plaisanci Quoy que sois de l'ordre cassé Des amoureux de l'obsenrance, Dont i'ayesii.- ou temps passé.

Souvent y ./ porté penaace, Et si pou de biens amassé Que, quant je seray trespassé,, A mes hoirs lairray pou chevance ~ K de l'observance.

par Boucicault ou monseigneur du Bridcwc

Assej ne m'en peuj merveilltr Qu'aucuns amoureux ont créance, Ù'estre de ceulx de l'observance.

Mais plus »'x veulent travailler.

Je dy que leur vaulsist trop mieulx Plus large reigle avoir choisie;

Car servir jeunes, et puis vieulx Laisser tout, c'^l ypocrisie.

Autre nom leur convient bailler, C'est aposlaj, qui pour doubiance D'avoir un peu de penitance, Ont voulu Loyaultë soiller; Auej ne m'en peuj twrveUUf.-

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