RONDEAU CCLVII
RipoBit du duc d'Oriéûns.
Beau Père ! benedicite,
Je vous requier confession.
Et, en humble contnction,
Mon pechié sera recité.
En moy n'a eu mercy, ne grâce.
Prenant de ma beaulté orgueil ;
Amours me pardoinl ! ainsi face;
Désormais repentir m'en vueîl.
Reffus a mon cueur délité \
J'en feray satislâcion.
Donnez m'en absolucîon
Et pcnance, par charité,
Beau Père ! benedicite.
Par Blaa^ille.
Ma tresbelle. plaisante seur.
Conliieor du bon du cueur
Dittes, par grant devocion.
Sans plus-avoir intencion
De maintenir vosire folleur.
Car tost après, de ma puissance
Vous absouldray, en espérance
Que doulce sere^ envers tous.
Et vous enjoings, par penitancc.
De donner demain ailegance
A cellui qui se meurt par vous ;
Ca*»Lta D'OBl.ÊANS. II. lu
Lequel, par vostre grant rigueur, Seuffre, comme fentens, doleur.
Et sans cause pugnicion; Dont jà n'aureif remission.
Tant qu'il en soit hors, j'en suis seur. Ma tresbelle^ plaisante seur.
Ptr le duc de Boorboo»
Je sens le mal qu'il me convient porter Non advenu, mais je crains qu'il aviengne, Et qu'en la fin maleureux je deviengne, Sans nt asservir ailleurs, ne transporter.
S' ainsi advient q\£à tort on m'abandonne, Que Dieu ne vueille! que feray je sans perf Las l je ne sça-^l si ce mal on me donne. Des malheureux je seray le non per.
Pour le meilleur, il me fault déporter Jusques à tant que ce maleur me viengne ; Mais à ma Dame hardiement en souviengnc ; Car, pour toiisjours sa rigueur supporter. Je sens le mal qu'il me convient porter.