CHANSON LVI
Resjouissez plus ung peu ma pensée , Léal Espoir, et me donnez secours ; Tousjours fuyez et après vous je cours , Où j'ay assezde paine despensée.
La verray je jamais recompensée?
Quelque office lui donnez en voz cours ; Resjouissez plus ung peu ma pensée, Léal Espoir, et me donnez secours.
La penance soit par vous dispensée ,
ir désormais mes temps deviennent cours ; INC souffrez plus son plaisir en decours; Veu que vers vous n'a faulte poitrpcnsce, Resjouissez plus ung peu ma pensée,
CHANSON LVM.
Comment vous puis je unt amer Et mon cueur si tresfort haïr Qu'il ne me chault de desplaisir Qu'il puisse pour vous endurer?
Soii mal m'est joyeux à porter, Mais qu'il vous puisse bien servir.
Comment vous puis je tant amer Et mon cueur si tresfort haïr!
Las! or ne deussc je penser Qu'à le garder et ehier tenir, El non pourtant, mon seul désir, Pour vous le vueil abnndonner.
Comment vous puis je tant amer!
CHANSON LVllI.
M'amye Espérance , Pour quoy ne s'avance Joyeulx Reconfort?
Ay je droit ou tort , S'en lui j'ay fiance?
Peu de desplaisance Prent en ma grevance, Il semble qu'il dort.
M'amye Espérance ,
^Ô CHARLES d'ORL£aNS.
Pour quoy ne s'avance Joyeulx Reconfort.
Quoy qu'à lui je tence, Pour sa bien vueillance Acquérir ; au fort , Je suis bien d*acort D'attendre allegance, M'amye Espérance.