‹ Poésies complètesChapitre 107 sur 151 · MARGUERITE DE NAVARRE · texte numérisé non relu

MARGUERITE DE NAVARRE

Ainsy disoit ce Puitlonnois de la beauté admirable de ceste Princesse. Et certes, si des Poulonnois ont esté ravis de telle admiration, il y en a eu bien d'autres.

B R A N T ô M B, Vie des Dames illustres. .

Marguerite paraît, plus belle que l'espoir Du ciel, dans son habit de clinquant et de rose, Et l'un des Polonais dit : *< Comme je suppose, One n'admira Vénus tels yeux dans son miroir !

Je ferais volontiers, sortant de ce manoir, Gomme ces Turcs ravis qui, sans regret morose, Ayant vu la mosquée où Mahomet repose, Se font brûler les yeux, ne voulant plus rien voir. »

Brantôme, bon plaisant malgré son air farouclio. Dit à Ronsard tout bas : « la charmante boucrhr : Quel dieu ne choisirait pour son meilleur festin

Cette double cerise, adorable et vermeille I »

Mais la Reine Tentend faire ainsi le mutin.

Et lui dit: «Vous aimez les fruits, monsieur Bourdeill^?»

LUCRECE BOROIA

Il j a au muBéa d'Anven tm ttAlamn in i lien qui sj'mbolise sdmîra]>)amen(, 'insu du peintre, cette papaatAeicSDique. On y voit Aloiandre VI prt-

lui de PaphoB, qu'il vieDl de aontir gèniral de sea galèrea.

Ldcrëce Bobgu se marie; il est juste Que tous les csrdÎDaas brillent & ce gala, Cenx du moins épargnés par la cantarella, Ce poison plus cruel que tous ceux de Locuste.

Près d'eux trône César, jeune, féroce, auguste. L'évèque de Paphos, vêtu de pourpre, est là; Et le pape, à cAté de Ginlia Bella, Montre, comme un rieux dieu, sa poitrine robuste.

Les parfums dé la cbair et des cheveui flottants S'éparpillent dans l'air brûlant, et comme au temps De Caprêe, où Tibère épouvantait les nues,

Entrelaïaiit leurs corps impudiques et beaux, Sur les loupes tapis cinquante femmes nues Dansent elTrontément, aux clartés des flambeaux.

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