‹ Poésies complètesChapitre 28 sur 151 · LES FORGERONS · texte numérisé non relu

LES FORGERONS

Rhythmé par le marteau sonore, Le chant joyeux des forgerons S'envole à grand bruit vers raurore. Plus fier que la voix des clairons.

JEAN et JACQUES.

La forge mugissante allume Nos fronts par la bise mordus.

Et son reflet parmi la brume Chasse les corbeaux éperdus.

De la Noël au jour de Pâques, Nuit et jour, c'est ce!^-*^ »a enfen

JACQUES

Mon frère Jean,

JEAN

Mon frère Jacques,

JACQUES

Soufflons le feul

JEAN

Battons le ferl

JACQUES

Fer grossier que la cheminée Couvre ici de son noii* mantean, Jusqu'à la fin de la journée Tremble et gémis sous le marteau!

JEAN

Pour subir ta métamorphose, Tu vas sortir, obscur encor, De la fournaise ardente et rose^ Au milieu d'une gerbe d'ori

JACQUES

Puis tu seras l'âpre charme 1 Tu répandras sur les sillons La moisson blonde, que salue Le chœu!* ailé des papillons.

JEAN

Tu seras le coursier de flamme^ Le coursier terrible et sans peur Qui dans ses flancs emporte une ftme De charbon rouge et de vapeur.

JACQUES

Tu seras la faux qui moissonne, Tu courberas le seigle mûr, Cette mer vivante où frissonne L'écarlate et la fleyr d'azur.

JEAN

Lumière, d'ombre enveloppée.

Tu renaîtras au grand soleil; Tu seras le fer de l'épée Qui se rougit de sang vermeil.

JACQUES

Ton destin vil enfin s'élève I Tn vas surgir dans la clarté, Pour te mêler, charrue ou glaive, A la mouvante humanité l

JEAN

Tu ïrêmiras pour la justice I

JACQUES

Tu serviras à déchirer

Le sein de la terre nourrice*

JEAN

Ta vas combattre

JACQUES

Et labourer!

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