LES PIERRERIES
Les flamboyantes Pierreries Qui parent les glaives des rois tlt lès mors de leurs palefrois, iJrillent dans les rouges tueries.
RONDELS. 3n
La foule, amante des féeries, Admire, en ses humbles effrois, Les flamboyantes Pierreries Qui parent les glaives des rois.
Et, dans les louanges nourries, Les Princesses aux regards froids Sèment sur leurs corsages droits Et sur leurs jupes d'or fleuries Les flamboyantes Pierreries.
JuUUt 1875.
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AU LECTEUR
Ainsi j'ai tenté la folle entreprise d'évoquer en, vingt Sonnets les images de ces grandes Princesses ' aux lèvres de pourpre et aux prunelles mystérieuses, qui ont été à travers les âges le désir et les délices de tout le genre humain, ayant gardé ce privilège d'être adorées comme Déesses et aimées d'amour, alors que les siècles ont dispersé les derniers restes de la poussière qui fut celle de leurs corps superbes.
j Les peindre? La Peinture, l'art des Raphaël, des
Rubens et des Véronèse, dont ces figures idéales furent les éternelles inspiratrices et l'aliment inépuisable, ne l'a jamais pu elle-même ; et je m'estime
% assez bon artiste si j'ai pu faire songer à elles et
j faire apparaître dans l'esprit de ceux qui me lisent
leurs fantômes qui éveillent toutes les idées de triomphe, d'orgueil, d'amour, de joie, de puissance, de sang versé, et de robes d'or éclaboussées de pierreries.
322 kV ÈECTEUR.
Sans le souvenir de ces femmes toujours entrevues dans la splendeur de l'écarlate et sous les feux des escarboucles, le songeur que ravissent les fêtes de la couleur ne se trouverait-il pas un peu trop dépaysé dans une époque où ni les révolutions, ni le tumulte efTréné des guerres civiles, ni les progrès industriels et scientifiques, ni la force même des choses n'ont pu venir à bout de dompter et de détruire ce monstre plus menaçant que la serpente Pytho : la jeune fille des vaudevilles de M. Scribe, qui avec un sourire de romance court après les papillons, en robe de mousseline agrémentée de rinvincible tablier de soie à bretelles roses?
Plria, 1* U JQillet 1S7I.
Je laisse à Gavarni, poète des chloroses, Son troupeau gazouillant de beautés d'hôpital. Car je ne puis trouver parmi ces pâles roses Une fleur qui ressemble à mon rouge idéal.
Charlbs Baudelaire L'Idéal.
Les PRiNCESsES,"miroir des cienx riants, trésor Des âges, sont pour nous au monde revenues ; Et quand TArtiste en pleurs, qui les a seul connues, Leur ordonne de naître et de revivre encor.
On revoit dans un riche et fabuleux décor Des meurtres, des amours, des lèvres ingénues. Des vêtements ouverts montrant des jambes nues, Du sang et de la pourpre et des agrafes d'or.
Et les Princesses, dont les siècles sont avares, Triomphent de nouveau sous des étoffes rares : On voit les clairs rubis sur leurs bras s'allumer.
Les chevelures sur leurs fronts étincelantes
Resplendir, et leurs seins de neige s'animer,
Et leurs lèvres s'ouvrir comme des fleurs sanglantes.
8ÉMJRAMI8
Elle ne voulut jamais se marier légitimement, afin de ne pas être privée de la souveraineté; mais elle choisissait les plus beaux hommes de son armée, et, après leur avoir accordé tes faveurs, elle les faisait disparaître.
DiODORB DE SiciLB, Livrt Q* Trad. Ferdinand Hoefer.
Séhiramis, qui règne et dont la gloire éclate, Mène après elle, ainsi que le ferait un Dieu, Les rois yaincus ; on y oit dans une mer de feu Les astres resplendir sur sa robe écarlate.
Attentive à la yoix du fleuye qui la flatte.
Elle écoute gémir et chanter le flot bleu.
En traversant le pont triomphal quo par jeu Sa main dominatrice a jeté sur l'Euphrate.
Or, tandis qu'elle passe, humiliant le jour, Un soldat bactrien murmure, fou d'amour :
u Je voudrais la tenir entre mes bras, dussé-je.
Après, être mangé tout vivant par des chiens ! »
Alors Sémiramis, la colombe de neige,
Tourne vers lui son front céleste et lui dit : « Viens ! »