‹ Poésies complètesChapitre 99 sur 151 · ANTIOPE · texte numérisé non relu

ANTIOPE

Hélas ! sur tous ces corps à la teinte nacrée La Mort a déjà mis sa pàlear azurée,

Ils n'ont de rose que le sang.

Leurs bras abandonnés trempent, les mains ouverte!, Dans la vase du fleuve, entre des algues vertes

Où Teau les soulève en passant.

Théophilb Gautier, Le Thermodon,

Près du clair Ilissos au rivage fleuri L'indomptable Thésée a vaincu les guerrières. Mourantes, leurs chevaux les traînent dans les pierres : Pas un de ces beaux corps qui ne râle meurtri.

Le silence est affreux, et parfois un grand cri L'interrompt. Sous l'effort des lances meurtrières, On voit des yeux, éteints déjà, sous les paupières S 'entr 'ouvrir. Tout ce peuple adorable a péri,

Antiope blessée, haletante, épuisée, Combat encor. Le sang, ainsi qu'une rosée, Coule de ses cheveux et tombe sur son flanc.

Sa poitrine superbe et fière en est trempée,

Et sa main, teinte aussi dans la pourpre du sang.

Agite le tronçon farouche d'une épée.

LES PRINCESSES. 33i

Page 1