‹ Poésies de André ChénierChapitre 191 sur 418 · V. 34 et 36. Éd. 1826 et · texte numérisé non relu

V. 34 et 36. Éd. 1826 et

 laquelle, au ha^sard, sans crainte, sans apprêt, SAr de ne point rougir en voyant la lumière, On puisse dévoiler son âme tout entière.

L'éditeur de 1826 a introduit dans la phrase un contre-sens en voulant faire disparaître deux incorrections qui n'existent pas. D'abord ait n*est pas pour à laquelle, mais pour dans laquelle, et cet emploi de où est conforme à la langue de tous les grands écrivains du seizième et du dix-septième siècle; voyez à ce sujet une dissertation détaillée de M. Génin, Jjcxique de Molière, p. 266-273. Ensuite, au vers 36, il n'y a pas incohérence d'images dans les deux mots répandre et dévoiler, qui ne se rapportent pas au même objet. André dit très-bien ce qu'il veut dire, qu'il est doux de pouvoir sans crainte dévoiler son âme tout entière en la répandant dans sa muse [c'est^-à-dire dans ses vers), et il n'y a pas même de faute grammaticale, car on peut dire également : Un poète répand son âme, dévoile son âme dans ses vers. De plus, muse pour vers n'est qu'une métonymie très-ordinaire.

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