I. — Cette élégie est imitée de Properce, III
Mejutet in prima coluisse Hclicona juventa,
Musarumquc choris impiicuisse manus ; Me juvet et muUo mentem vinciro Lyaeo,
Et caput in verna semper habere rosa.
Âlque ubi jam Venerem gravis interceperit xtas,
Sparseril et nigras alba senecta comas» Tum mihi naturae libeat perdiscere mores :
Quis deus banc mundi tcmperet arte domuin ; etc.
V. 5. « HâUms-tionSj V heure fuit. » C'est toujours le fvgil irrcparabilc tempus de Virgile. Mais ici André semble se souvenir d'Horace, 0(1., II, XI :
Fugîl rétro
Levis juventas, et décor, arida Pellente lascivos amores Canitie, facilemque somnum.
Non semper idem floribus est honos Vernis
Cf. TibuUe, I, i, 69 ; Racan, IV, m :
Qu'un sein voluptueux, des lèvres demi-closes,
Respirent près de nous leur haleine de roses ; lo
Que Phryné sans réserve abandonne à nos yeux
De ses charmes secrets les contours gracieux.
Quand l'âge aura sur nous mis sa main flétrissante,
Que pourra la beauté, quoique toute-puissante?
Nos cœurs en la voyant ne palpiteront plus. 15
C'est alors qu'exilé dans mon champêtre asile.
De l'antique sagesse admirateur tranquille,
Du mobile univers interrogeant la voix,
J'irai de la nature étudier les lois :
Par quelle main sur soi la terre suspendue to
Voit mugir autour d'elle Amphitrite étendue ;
Quel Titan foudroyé respire avec effort
Des cavernes d'Etna la ruine et la mort ;
Quel bras guide les cieux ; à quel ordre enchaînée
Le soleil bienfaisant nous ramène l'année ; 25
Quel signe aux ports lointains arrête l'étranger ;
y. 16. Ces projets de méditalion percent souvent dans André et le conduisent directement à la composition de VHermès. Ces grands pn> • blêmes de la nature préoccupent les poètes ; ils inspiraient aussi la muse rêveuse de Virgile, Géorg., II, 475 :
Me vero primum dulces ante omnia Muse, Quarum sacra fero ingenti percussus amore, Accipiant, cœlique vias et sidéra monstrent, Defectus solis varies, lunaeque labores ; etc.
Thomson, Seas. : Winter, s'y laisse séduire ; et il exprime une pensée qu'André, tel que nous le connaissons, sous-entend certainement ; il rêve la solitude au milieu des beautés éternelles de la nature, et with friends.
V. 22. Le Titan, c'est Typhée, fils de la Terre et de Titan ; voy. sa lutte, sa défaite et son enfouissement sous l'Etna, dans Nonnus, Diotiyx., I et il, et dans Val. Flaccus, Arg., II, 21. Hais c'est peut-être aussi Typhon (il est souvent difficile de ne pas confondre) ; Typhon, né de Junon (Homère, Hym. à Apollon), fut enseveli sous l'Etna; voy. Pindare, 01., IV, 12. Cf. Apollodore, I, vi, 3, et la note de Heyne. — a Respire, » souffle ; c'est quelquefois le sens du latin respirare,