LES BACCHANTES
L’une, agitant le thyrse environné de lierre.
Vole, frappe le roc; soudain le roc frappé Lance un torrent liquide à grand bruit échappé.
Son pied presse le sol ; et, sous sa plante humide.
Le vin bouillonne, fuit, gronde en fleuve rapide.
Ses doigts vont creuser l’herbe, un lait pur sous ses doigts Les blanchit, blanchit l’herbe et la tige des bois.
L’autre fait, de son thyrse, entre ses mains vermeilles. Couler à flots dorés le nectar des abeilles.
[Trad. d’Euripide,
POÉSIES d’aNDRÉ CHÉNIER.
ÉRIC HTHON
J’apprends, pour disputer un prix si glorieux,
Le bel art d’Érichthon, mortel prodigieux
Qui sur rherbe glissante, en longs anneaux mobiles,
Jadis homme et serpent, traînait ses pieds agiles.
Élevé sur un axe, Erichthon le premier
Aux liens du timon attacha le coursier.
Et vainqueur, près des mers, sur les sables arides.
Fit voler à grand bruit les quadriges rapides.
Le Lapithe, hardi dans ses jeux turbulents.
Le premier, des coursiers osa presser les flancs.
Sous lui, dans un long cercle achevant leur carrière Ils surent aux liens livrer leur tête altière.
Blanchir un fre^n d’écume, et, légers, bondissants. Agiter, mesurer leurs pas retentissants.
[Pris de Virgile.]